Bras de fer

le 16/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Voir la Banque centrale européenne (BCE - photo) et le gouvernement allemand s’opposer frontalement et publiquement est pour le moins inattendu. Surtout sur la question de la restructuration de la dette grecque. Le fait que l’Eurosystème (BCE, banques centrales nationales) détienne, selon Goldman Sachs, 37 % de l’encours de la dette publique hellénique de 350 milliards d’euros et accuserait des pertes importantes en cas de décote des titres grecs ne constitue pas la préoccupation majeure de la BCE, selon les économistes. Son souci est celui de la stabilité financière et de la mise en danger des bilans bancaires.

Un échange de titres de dette qui allongerait la maturité des obligations de sept ans, comme le propose le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, poserait d’importants problèmes comptables en dégradant potentiellement la valeur actualisée nette (VAN) des actifs. « L’allongement de la maturité des titres concernés à coupons inchangés pourrait - cela dépend en effet du taux de référence utilisé - diminuer brusquement la valeur nette actualisée de ces titres dans les bilans de tous les détenteurs de titres grecs, les banques comme la BCE, explique Gilles Moec, économiste de Deutsche Bank. La valeur actualisée nette des titres apportés en collatéral à la BCE chutant, la banque centrale se trouverait dans l’obligation d’accroître ses appels de marge et les banques devraient apporter du collatéral supplémentaire. Sans parler du risque de contagion ; le cas grec servant d’exemple à d’autres pays de la zone euro.

« Un ‘rollover’ non coercitif avec extension de la maturité serait moins risqué. » Il permettrait de ne pas toucher au papier existant ; et au moment du repaiement, les créanciers s’engageraient à acheter immédiatement du papier à une autre échéance. Reste à savoir si cette solution permettrait d’éviter un événement de crédit (lire aussi page 38).

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