Dossier Nouvelle donne sur les marchés

Les Bourses asiatiques connaissent des retournements de situation

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Hong Kong voit son étoile pâlir tandis que Singapour et Kuala Lumpur montent. Les émetteurs européens y représentent la part congrue.

Première place d’Asie (hors Japon) en termes de capitalisation boursière, la Bourse de Hong Kong demeure une plate-forme essentiellement dédiée aux entreprises issues de Chine continentale. Fin février 2013, celles-ci représentaient en effet plus de 47 % du nombre de sociétés cotées, 57 % de la valeur des titres et 72 % du volume d’actions échangées.

Traditionnellement, il n’était possible de coter à Hong Kong que des émetteurs issus soit de cette région administrative spéciale, soit de Chine continentale, soit des Bermudes, soit enfin des îles Caïmans. 560 des 736 entreprises chinoises cotées à Hong Kong sont d’ailleurs établies dans ces juridictions

offshore. Mais depuis quelques années, la Bourse de Hong Kong autorise également les émetteurs de vingt autres juridictions à s’y faire coter, dont l’Allemagne, Chypre, la France, l’Italie, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les îles anglo-normandes.

Un français précurseur

Le groupe de cosmétiques français L’Occitane (installé au Luxembourg) a été le précurseur du mouvement en 2009, ce qui lui a plutôt porté chance, son cours ayant progressé de plus de 56 % depuis. Les autres émetteurs internationaux ayant réussi leur entrée à Hong Kong incluent l’italien Prada en 2011 (le titre a doublé depuis), ainsi que le bagagiste Samsonite, également en 2011, avec un cours en hausse de plus de 33 %, même s'il a longtemps coté en dessous de son prix d’émission et seulement commencé à décoller lors du désengagement de son actionnaire CVC, à travers une série de reclassements de blocs.

Les autres émetteurs internationaux, dont le producteur d’aluminum russe AC Rusal (établi à Jersey), le trader de matières premières suisse Glencore, ainsi que des sociétés canadiennes et japonaises, ont été moins chanceux avec des performances boursières en berne et des volumes de cotation parfois très faibles, surtout comparés à leur flottant et à ceux d’entreprises chinoises de taille similaire.

Les groupes exploitant des marques mondialement connues - et bien implantées en Asie, en en particulier en Chine, notamment dans les secteurs du luxe et des biens de consommation - ont bien tiré leur épingle du jeu. Les sociétés issues d’autres industries ont, elles, plutôt raté leur cotation à Hong Kong.

Au cours des deux dernières années, Hong Kong a d’ailleurs accueilli un nombre décroissant d’introductions en Bourse (IPO). La source de privatisations en provenance de Chine continentale s’est progressivement tarie, et la qualité des émetteurs du secteur privé a laissé à désirer, ce qui a conduit la Bourse à se focaliser sur d’autres marchés - les matières premières, avec le rachat du London Metal Exchange, les obligations, et les transactions en yuans offshore. A la mi-mars, les IPO à Hong Kong ne représentaient qu’un peu plus d’un milliard de dollars cette année, contre plus de 5 à New York - loin derrière Tokyo, Francfort ou même Singapour.

La Bourse de cette ville-Etat a d’ailleurs toujours été plus ouverte à l’international que sa rivale, et cote plus de 200 sociétés d’origine étrangère, issues d’une vingtaine de pays. Néanmoins, les émissions à Singapour sont souvent de taille plus modeste - un problème que la Bourse essaie de résoudre en ayant mis la barre plus haut pour ses critères d’admission. Les marchés de capitaux de Singapour accueillent en fait surtout des sociétés immobilières (dont plus d’une trentaine de SIIC - sociétés d’investissement immobilier cotées) et issues du secteur maritime. Elle est plutôt connue pour faire la part belle aux actions payant des dividendes élevés.

Dans la région, la surprise est venue de Malaisie où ce marché, plutôt calme depuis la fin des années 90, a connu un regain d’effervescence avec plus de 7,5 milliards de dollars d’IPO en 2012, dont plusieurs dépassant le milliard, parmi lesquelles celles du producteur d’huile de palme Felda, du groupe de santé IHH Healthcare, ou encore de médias Astro Malaysia. Un phénomène dû, en partie, à la présence d’un nombre important de fonds de pension et d’investissement locaux, ciblant des actions essentiellement domestiques, ce que ni Hong Kong, ni, dans une moindre mesure, Singapour ne sont en mesure d’afficher. Après les élections générales du printemps, les émetteurs malaisiens pourraient bien de nouveau faire les gros titres.

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