BNP Paribas Securities Services anticipe sur AIFM

le 25/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Le numéro un européen de la conservation développe son réseau et son offre en mettant l'accent sur la sécurité des actifs qui lui sont confiés.

La directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers) accroît le rôle du dépositaire et BNP Paribas Securities Services entend en tirer parti. « Nous voulons être identifiés comme le numéro un mondial, en termes de marque, parmi les dépositaires », avance Philippe Ricard, head of asset and fund services de la société.

De fait, le texte qui s’appliquera le 1er juillet prochain accroît la responsabilité du dépositaire chargé du contrôle et de la garde des fonds. L’extension de l’activité pour les spécialistes des titres promet d’être d’autant plus grande que la directive porte non seulement sur la gestion alternative mais aussi sur tout ce qui n’est pas Ucits, soit plus de 8.000 produits en France, selon le recensement de l’Autorité des marchés financiers.

Responsabilités élargies

La banque développe son modèle et son offre selon cette évolution réglementaire. « Avec AIFM, la banque dépositaire devient un maillon clé dans la protection de l’investisseur et dans le contrôle de toute la chaîne de valeur allant du gérant aux services titres de la banque, notamment la conservation et la gestion du 'collateral', explique Philippe Ricard. Alors qu’auparavant, la banque dépositaire se trouvait plutôt à l’arrière-plan, avec essentiellement un travail de calcul de ratios, ses responsabilités sont désormais élargies et l'offre de service doit y répondre. »

Dans cette optique, BNP Paribas Securities Services renforce son dispositif, géographique en premier lieu. Il vient de lancer des services de dépositaire conservateur au Royaume-Uni où il était présent depuis 2002 et le rachat de Cogent dans l’administration des titres. « Historiquement, le 'trustee' au Royaume-Uni avait le rôle d’un dépositaire, effectuant des contrôles sans jamais être le conservateur des titres, rappelle Philippe Ricard. Or ce modèle explose avec AIFM et Ucits V : c’est le moment idéal pour placer notre offre de

dépositaire qui couvre l’ensemble des fonctions. Nous lançons une activité de 'trustee' au Royaume-Uni en ce sens. » Aux Pays-Bas également, les changements vont être importants et le groupe entend étendre l’activité de son équipe déjà présente, la transformant en succursale à cet effet. Au Luxembourg, de fortes évolutions sont aussi attendues. En France, la réglementation est déjà proche d’AIFM, même si elle ne prévoit pas de « cash monitoring », et le rôle du dépositaire était déjà fort aussi en Allemagne et en Italie.

Rééquilibrage des commissions

Le groupe voit sa stratégie d’implantation validée sur les plus grands marchés mondiaux, jusqu’en Asie et en Amérique. De fait, l’obligation de restitution des actifs peut ainsi être mieux assumée. « Notre réseau propriétaire de compensation et conservation représente un atout pour assurer la sécurité des actifs qui nous sont confiés, assure Philippe Ricard. Nous évaluons à 90 % la proportion des actifs que nous conservons dans nos propres livres. » AIFM va aussi permettre au groupe de mettre en avant ses forces auprès du « buy-side », et la complémentarité des services d’administration et de conservation des titres avec le rôle de dépositaire.

La sécurisation des actifs va jusqu’à l’étape de la compensation, le client étant immunisé contre un défaut à l’égard d’autres opérateurs comme de la banque elle-même. « Nous avons mis en place des mécanismes pour ségréguer dans certains cas les actifs jusqu’au dépositaire central, poursuit Philippe Ricard. Nous pouvons éventuellement proposer à certains grands clients, lorsque les infrastructures des pays le permettent, d’enregistrer leurs positions en leur nom également auprès de la chambre de compensation. »

Les revenus vont augmenter et il faudra facturer la prise de risque vis-à-vis des fonds alternatifs (AIF) comme des fonds classiques non Ucits, sachant qu’en Europe, environ 30 % des fonds ne sont ni alternatifs ni Ucits. D’ores et déjà se pose la question du rééquilibrage des commissions pour prendre en compte ce rôle étendu des dépositaires. « Sachant qu’AIFM est un texte très court, qui pose la responsabilité du dépositaire sans rien dire sur les moyens avec lesquels il doit assurer sa mission, ce nouveau rôle va devoir être clarifié, indique Philippe Ricard. Il est d’ailleurs question d’élaborer un texte AIFM 2. »

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