BNP Paribas renonce à la société de conseil en immobilier DTZ

le 27/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Après plusieurs mois de négociations, Saint Georges Participations, qui agissait en partenariat avec la banque française, a mis un terme aux pourparlers.

Le rachat de DTZ par BNP Paribas n’aura finalement pas lieu. Saint Georges Participations, qui détient 55 % de la société de conseil en immobilier d’entreprise, avait jusqu’au 17 octobre pour formuler une offre d’achat ferme, au profit de la banque française, ou se retirer de la course. L’opération était sur les rails depuis le mois de mai (L’Agefi Hebdo du 7 juillet). Saint Georges Participations voulait racheter l’intégralité du capital sur la base de 60 pence l’action, valorisant la société 160 millions de livres (185 millions d’euros), avant de revendre l’ensemble à BNP Paribas. « Toutes ces spéculations autour de cette éventuelle transaction ont perturbé notre activité, particulièrement en termes de recrutement et par les interrogations suscitées chez nos clients, reconnaît Gérard Margiocchi, président du directoire de DTZ Holding. Je pense que l’unique frein à cette transaction a été l’ensemble des problèmes rencontrés ces derniers mois en raison notamment de la crise de la dette dans la zone euro. »

De nouveaux acheteurs

BNP Paribas n’a pas souhaité faire de commentaire, expliquant « ne pas y être autorisé en vertu des accords de confidentialité qui ont été signés ». Après avoir été chahutée en Bourse durant l’été, la banque a annoncé mi-septembre qu’elle réduirait de 10 % la taille de son bilan d’ici à fin 2012, soit une cure d’amaigrissement de 70 milliards d’euros d’actifs pondérés. L’objectif étant d’afficher un ratio de solvabilité sous Bâle III de 9 % dès 2013 et, par la même occasion, de rassurer les marchés sur sa solvabilité et ses risques. Mi-octobre, Standard and Poor’s (S&P) a néanmoins abaissé d’un cran la note à long terme de BNP Paribas, désormais noté « AA- », contre « AA » auparavant. Cette glissade traduit un affaiblissement de son profil financier, en raison notamment d’un contexte macroéconomique dégradé et de conditions de financement plus difficiles, a expliqué S&P. Le moment n’était certainement pas favorable à l’annonce d’une acquisition.

La renonciation de BNP Paribas a soulevé des questions quant à l’avenir de DTZ. « Nous avons changé de management au mois août, signe que l’on est sorti d’une période de restructuration lourde, durant laquelle l’effectif a été fortement réduit au Royaume-Uni, confie Gérard Margiocchi. L’objectif aujourd’hui est de remettre DTZ sur les rails afin de poursuivre la conquête de parts de marché et d’assurer la croissance à long terme de l’entreprise. » Deux jours après que le duo Saint Georges Participations-BNP Paribas eut mis un terme à ses pourparlers, DTZ s’est officiellement déclaré en vente, d’autres parties ayant exprimé leur intérêt. La société de conseil en immobilier avait déjà été approchée, durant l’été, par le groupe australien UGL, dont le président de la branche immobilier n’est autre qu’un ancien de DTZ. « Je pense qu’aucun autre acheteur potentiel n’a fait d’offre à l’heure actuelle, dans la mesure où la nouvelle législation anglaise l’obligerait à se déclarer », souligne Gérard Margiocchi. Selon les nouvelles réglementations entrées en vigueur au Royaume-Uni en septembre, une entreprise doit en effet présenter une offre ou retirer sa candidature 28 jours après l’annonce de ses intentions. Toutefois, DTZ explique dans son communiqué que toute partie intéressée par son rachat ne sera pas tenue de s’identifier publiquement et ne sera pas soumise à cette échéance. La société pourrait également être attrayante pour d’autres acteurs qui chercheraient à se renforcer sur le marché asiatique, en particulier la Chine où la marque pèse lourd (16,4 % de croissance en 2011). Néanmoins, le poids de la dette dans son bilan pourrait aussi les freiner. DTZ, tout comme ses concurrents, a été frappé par la crise de 2008 et récupère difficilement en raison notamment de son endettement de 64 millions de livres au 30 avril dernier. Même si la société a renégocié une petite partie de cette enveloppe, 10 millions de livres, cela ne change rien à sa situation.

Si DTZ venait à trouver preneur, cette opération marquerait un nouveau pas dans la concentration du marché. Cette année, CB Richard Ellis a racheté ING Reim tandis que Jones Lang Lasalle s’emparait de King Sturge. « A terme, il y aura consolidation du marché du conseil en immobilier, note Gérard Margiocchi. Les grands groupes internationaux vont devenir de plus en plus globaux. » DTZ, qui est très présent en Asie, n’est pas implanté aux Etats-Unis ; un rapprochement avec un acteur ayant un pied sur ce marché constituerait l’union idéale.

A lire aussi