Bienheureuse Albion

le 08/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Il est sans doute là l’avantage d’être une île. Le Royaume-Uni a sa destinée entre les mains ; il dispose de sa monnaie et il a une banque centrale qui œuvre dans l’intérêt du pays. Et puis surtout, le pays a une histoire et une culture financière bien supérieures à la moyenne. Quand Standard & Poor’s met sous surveillance les « AAA » restants de la zone euro dont la France et l’Allemagne, on incline bien bas son chapeau devant les Anglais. Avec des indicateurs de finances publiques les plus dégradés du club des « AAA », une dette publique partie de très bas en 2007 et déjà au niveau des dettes allemande et française autour de 90 %, un déficit public de plus de 10 %, un secteur bancaire quasi nationalisé, une banque centrale qui achète la dette, des fonds de pension au bord du gouffre, des émeutes dans les banlieues au cours de l’été, des fonctionnaires dans la rue en novembre pour manifester contre les « cuts » : s’il reste un « AAA » debout en Europe, d’après les agences de notation, ce sera celui de Londres. Que les agences se décrédibilisent, ce faisant, n’y change rien.

A lire aussi