Bernard Descreux pilote la mue de la gestion de LBPAM

le 21/07/2011 L'AGEFI Hebdo

L’équipe de gérants de la filiale de La Banque Postale a été réorganisée en profondeur pour appuyer son ouverture à une nouvelle clientèle externe.

Arrivé en août 1989 et directeur de la gestion depuis 2001, Bernard Descreux a vécu toutes les étapes de la désormais longue histoire de la Banque Postale Asset Management (LBPAM). Lancée en 1988, sous le nom de Sogéposte, la filiale de La Banque Postale fait figure de vétéran dans ce métier encore relativement jeune de la gestion d’actifs. Pourtant, LBPAM n’est devenu un acteur des marchés institutionnels, entreprises et de la distribution que très récemment. La direction des ventes a ainsi été créée en 2008. En outre, entre 2006 et 2008, ce sont 80 milliards d’euros qui ont été apportés progressivement par CNP Assurances, sous forme de mandats de gestion de fonds en euros d’assurance-vie, de Perp (Plan d’épargne retraite populaire), et de produits de prévoyance. Une petite révolution dans la maison, qui a nécessité la mise en œuvre de moyens adéquats et en particulier une profonde réorganisation de l’équipe de gestion, ainsi que la création d’une direction des risques et d’une direction des opérations, qui sont indépendantes de celle de la gestion. « Nous avons su rapidement démontrer que nous savions gérer des mandats institutionnels sous contrainte, mais dès 2007, j’étais convaincu que nous devions, pour administrer de façon optimale ces nouveaux mandats, modifier l’organisation de notre gestion et des fonctions support », se remémore Bernard Descreux, qui s’est attaché à créer une nouvelle équipe essentiellement à partir des ressources existantes (LBPAM compte 39 gérants). Certains professionnels ont bénéficié de formations complémentaires, financières de type Sfaf (Société française des analystes financiers) ou CFA (chartered financial analyst), mais aussi à la prise de parole en public, du fait de la nécessité de rencontrer des clients institutionnels. « Nous sommes ainsi passés d’une gestion organisée par classes d’actifs à une gestion organisée selon les processus et les risques », précise-t-il. La gestion obligataire en tant que telle a disparu au profit d’une approche crédit et d’une approche macro, couvrant les taux et les devises. Dans cette perspective, les gérants obligataires ont été spécialisés. Deux d’entre eux se sont focalisés sur les taux et cinq sur le crédit.

Evolutions internes

De même, Iain Bremner, précédemment responsable de la gestion obligataire, est désormais en charge de l’équipe crédit (qui gère entre autres les mandats d’assurance). « Nous avons favorisé les évolutions internes. En outre, il nous a semblé beaucoup plus efficace de décharger certains gérants du suivi des marchés, de la macro, pour qu’ils puissent se concentrer sur l’analyse des entreprises », confirme Iain Bremner, qui est cependant sur le point de recruter un analyste référent afin de mieux coordonner la couverture sectorielle. « Nous avons évité ainsi des redondances et réalisé des gains de productivité et d’expertises », se félicite Bernard Descreux qui, dans le même esprit, se refuse à créer une fonction d’analyste. « Je ne connais pas d’exemple où le lien gérant-analyste fonctionne efficacement. Chez LBPAM, le gérant analyse et échange avec ses pairs, afin de faire valider ses convictions, lors du comité de gestion hebdomadaire de chaque pôle », juge le directeur de la gestion. Il prône ainsi le principe de la collégialité dans la réflexion, qui s’exprime en particulier aussi lors du comité d’investissement mensuel, ce dernier permettant la définition des grands axes. Une approche mise en œuvre en particulier au sein de l’équipe actions : « Le gérant-analyste est d’autant plus efficace qu’il a vraiment accès aux entreprises, ce qui est nécessaire lorsque l’on privilégie le choix de valeurs », insiste Véronique Rosier, la responsable de cette équipe, qui peut s’appuyer aussi bien sur des spécialistes sectoriels que sur des gérants quantitatifs, dont les modèles restent au service de l’analyse fondamentale.

Après avoir mis aux standards institutionnels la gestion monétaire en 2008 et la gestion crédit en 2009, qui ont connu de bons succès, dont un mandat du FRR (Fonds de réserve pour les retraites), LBPAM vient de refondre son approche de la gestion diversifiée, après l’arrivée mi-2010 à sa tête de Rozenn Le Caïnec (précédemment responsable de la gestion diversifiée « benchmarkée » de Natixis AM), en remplacement de Rachid Medjaoui, nommé directeur adjoint de la gestion en charge de la stratégie d’investissement. « Ma mission était de faire évoluer une équipe d’experts sur chaque classe d’actifs en une équipe d’allocataires d’actifs, rappelle Rozenn Le Caïnec. Désormais, chacun d’entre eux a la responsabilité globale de construction de ses propres fonds ou portefeuilles diversifiés, dans le cadre d’une enveloppe de risque prédéterminée et en accord avec les décisions prises collectivement au sein du comité d’investissement mensuel et du comité d’allocation stratégique. » Le principe est de piloter une allocation entre des risques très spécifiques : marchés actions locaux, sensibilité aux taux d’intérêt, positions de courbes des taux, devises, volatilité, matières premières…

Services aux institutionnels

Le renforcement des services aux institutionnels s’est aussi concrétisé par la création en 2008 d’une équipe Solutions d’investissement, qui a la particularité de rassembler les expertises d’ingénieurs financiers et de réponses aux appels d’offres. « Il s’agit en premier lieu d’accompagner l’équipe de gestion dans la conception de nouvelles offres, de nouveaux ‘process’, en matière de produits ouverts ou dédiés. Les objectifs de gestion, les indicateurs de référence, les moteurs de performance, les sources de valeur ajoutée et de risques sont ainsi définis en commun », détaille Nathalie Batt, responsable de ce pôle. Cette compétence est également mise à profit pour répondre aux appels d’offres. « L’élaboration de la réponse à un appel d’offres est le fruit d’un travail collégial entre les ingénieurs financiers, les gérants et l’équipe commerciale, coordonnés par les responsables d’appels d’offres », ajoute Nathalie Batt. L’objectif étant bien d’offrir une réponse sur mesure prenant en compte les contraintes réglementaires et les besoins des investisseurs institutionnels.

L'équipe

Rozenn Le Caïnec, directeur des gestions diversifiées

Véronique Rosier, directeur de la gestion actions

Nathalie Batt, directeur de la multigestion & des solutions d’investissement

Iain Bremner, directeur de la gestion crédit

Nicolas Caplain, directeur de la sélection de fonds externes

Najib Sassenou, directeur ISR & développement durable

Bernard Descreux, directeur de la gestion

Fabrice Malnar, responsable de l’intermédiation actions & dérivés

Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion

Christine Radice, responsable de l’intermédiation taux & change

A lire aussi