L'avis de... Cécile Huntzinger, directeur chez Eurogroup Consulting

« Les banques privées indépendantes doivent réduire leurs coûts »

le 24/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Les banques privées indépendantes font-elles le poids face à celles des réseaux bancaires ?

Sur leur créneau de la gestion de fortune (à partir de 1 million d’euros d’actifs financiers), elles sont devancées en France par BNP Paribas (15 milliards d’euros d’encours pour des patrimoines d’au moins 5 millions d’euros), Société Générale (16 milliards) et la BGPI, filiale du Crédit Agricole (23 milliards, y compris des clients plus petits des caisses régionales). Parmi les acteurs spécialisés, La Compagnie Financière Edmond de Rothschild totalise environ 13 milliards d’actifs de clients privés, Rothschild & Cie Gestion 6 milliards et KBL Richelieu 3 milliards. Seul Neuflize OBC fait mieux avec 22 milliards d’actifs, mais n’est plus vraiment indépendant (depuis son rachat par ABN Amro, NDLR).

Les banques adossées creusent-elles l’écart ?

Selon nos estimations, les encours des acteurs indépendants ont crû de 17 % en France entre 2008 et fin 2010, contre une progression de 40 % pour les banques adossées. Le nombre de clients a quant à lui seulement augmenté de 4 % contre +20 % pour les grands groupes, mais cela montre que les petites banques ont des portefeuilles plus importants ou arrivent mieux à centraliser chez elles les actifs de leurs clients.

Cette concurrence doit-elle inquiéter les acteurs indépendants ?

Leurs compétences et leur gestion du risque généralement prudente permettent à leur gestion financière de se distinguer. Mais la plupart ne proposent pas de solutions de financement pour gérer le passif des clients, contrairement aux grandes banques à réseau. Ces dernières ont aussi un coefficient d’exploitation de 10 points inférieur à celui des indépendants, qui se situe autour de 90 %. Ceux-ci veulent l’améliorer en captant de nouveaux clients mais ils doivent aussi diminuer leur base de coûts.

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