L'avis de... Cécile Huntzinger, directeur chez Eurogroup Consulting

« La banque de détail, un vivier souvent mal exploité par les banques privées »

le 27/01/2011 L'AGEFI Hebdo

La crise a-t-elle bouleversé le modèle des banques privées domestiques ?

Moins qu’on ne le pensait, même si elles ont subi une baisse mécanique de leurs encours sur les avoirs non sécurisés et un recul de leur rentabilité. La plupart ont lancé des projets visant à optimiser leur dispositif existant, ce qu’elles auraient pu faire avant. Les grands établissements réfléchissent à la manière de tirer des profits supplémentaires de leur gestion privée en l’intégrant davantage au reste de leur groupe, et notamment à leur banque de détail, un vivier souvent mal exploité.

Où en sont les banques françaises en la matière ?

Chez BNP Paribas, la banque privée est intégrée dans le réseau depuis dix ans déjà ; le modèle choisi garantit l’efficacité des synergies. LCL a un schéma similaire, mais il n’est pas exploité avec le même systématisme. Société Générale développe depuis deux ans un modèle favorisant lui aussi les synergies via une coentreprise entre son réseau et sa banque privée, dont la croissance était jusqu’à présent fondée sur la prospection externe. La BGPI (filiale de Crédit Agricole SA) et la Banque Privée 1818 (chez Natixis, filiale de BPCE) sont davantage autonomes pour la conquête de clients, sachant que les réseaux de leur maison mère ont de plus en plus leur propre gestion privée.

Y a-t-il d’autres synergies possibles ?

Depuis deux ans, les grandes banques essaient de davantage capter les dirigeants des entreprises clientes de leur réseau pour contrer la concurrence d’acteurs spécialisés comme Rothschild & Cie, Neuflize OBC et La Compagnie Financière Edmond de Rothschild. La création de maisons des entrepreneurs chez BNP Paribas et les initiatives des Caisses d’Epargne sur leur banque des décideurs en région en sont l’illustration. Mais les synergies avec la banque de financement et d’investissement ou avec les filiales spécialisées (immobilier, etc.) restent à travailler.

A lire aussi