Axa Investment Managers à la recherche d’un second souffle

le 10/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Pénalisé l’an dernier par l’accident d’Axa Rosenberg, la société de gestion mise sur son développement en Europe et en Asie pour rebondir en 2011.

Un gérant en ordre de marche. Tel est le slogan d’Axa Investment Managers (Axa IM) à l’aube d’une année 2011 au cours de laquelle la société de gestion d’actifs entend « accélérer le rebond et la croissance » enregistrés en 2010. La réalité des chiffres livre pourtant une vision plus mitigée des résultats délivrés l’an dernier. Plombé par l’accident industriel de sa filiale américaine Axa Rosenberg - une erreur de code informatique survenu dans son modèle de gestion des risques -, Axa IM a vu son résultat opérationnel chuter de 27 %. Cette mésaventure a également affecté ses performances. Sa décollecte ressort en effet à 20,2 milliards d’euros, dont 29,4 milliards pour Axa Rosenberg qui a vu ses encours fondre comme neige au soleil, passant de 70 à 32 milliards de dollars en un an. « Sans cet accident, notre collecte ressort à 9,2 milliards d’euros », avance toutefois Dominique Carrel-Billiard, directeur général d’Axa IM.

Gagner des parts de marché

En 2011, le dossier Axa Rosenberg devrait encore occuper une large place dans l’agenda du dirigeant de la société de gestion. L’an dernier, Axa IM n’a pourtant pas chômé pour reprendre en main sa filiale, finalisant début novembre son acquisition à 100 %, se séparant de son fondateur, Barr Rosenberg, et nommant Jeremy Baskin à sa tête. « Cette restructuration de la société va nous permettre de repartir de l’avant, estime Dominique Carrel-Billiard. Aujourd’hui, Axa Rosenberg a pour objectif de regagner la confiance des clients. Nous avons encore du travail à faire. » De fait, après avoir intégré les équipes commerciales de sa filiale, Axa IM doit désormais s’atteler aux autres fonctions (support, ressources humaines, marketing.) « Nous nous donnons quelques mois pour définir l’organisation cible, poursuit-il. Le chantier devrait être achevé d’ici fin 2011. »

Au-delà de ce délicat dossier, la société entend surtout redoubler d’efforts pour accélérer sa croissance dans ses principaux marchés. Pas question pour autant de se lancer à corps perdu dans des acquisitions transformantes. « Nous ne regardons pas de gros dossiers en ce moment, reconnaît Dominique Carrel-Billiard. Nous cherchons d’abord à combler des trous dans nos gammes ou notre couverture géographique. Notre stratégie de croissance est d’abord organique. » L’Europe, qui représente 80 % de son activité, restera au cœur de sa stratégie. « Nous voulons prendre des parts de marché là où nous sommes moins développés et il y a encore des marges de progrès importantes, annonce-t-il. Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse, nous devons pouvoir arriver à 2 % ou 3 % de parts de marché. Aujourd’hui, nous en sommes loin. » Pour y parvenir, Axa IM entend renforcer ses équipes de distribution « là où nos ressources sont insuffisantes », selon le dirigeant qui évoque le segment des consultants, le marché des institutionnels au Royaume-Uni mais également l’Asie.

Les marchés émergents asiatiques occupent en effet une place centrale dans la stratégie d’Axa IM qui souhaite y développer ses opérations en 2011. « Nous avons un beau succès en Corée du Sud, depuis le rachat de 50 % des activités de gestion de Kyobo en 2008, où nous avons collecté plus d’un milliard d’euros portant nos encours à près de 14 milliards, observe cependant Dominique Carrel-Billiard. C’est un modèle qu’il faudrait dupliquer dans d’autres pays. » Car en Chine ou en Inde, le succès est pour l’instant loin d’être au rendez-vous. « Nous devons revoir notre stratégie dans ces pays car nous n’avons pas encore réussi à décoller », confesse-t-il. Objectif : avoir de bonnes performances de gestion et un accès à la distribution locale. C’est justement là que le bât blesse. De fait, en Inde, « nous sommes à la recherche d’un nouveau partenaire », indique-t-il. Le journal indien Business Standard évoque d’ailleurs le rachat de 51 % de Bharti Axa IM par Bank of India. En Chine, la problématique est sensiblement différente. « Nous avons le bon partenaire mais nous avons rencontré des difficultés en termes de performance de gestion, précise-t-il. C’est un modèle de développement qui s’inscrit sur le long terme, sachant qu’il faut entre trois et cinq ans pour avoir un bon ‘track record’. » Axa IM ne devrait donc pas chômer en 2011 pour se renforcer à l’échelle mondiale.

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