Axa IM rêve d’intégrer le Top 10 mondial des gérants d’actifs

le 08/11/2012 L'AGEFI Hebdo

La société de gestion, qui a retrouvé une collecte à l’équilibre, mise sur l’expansion géographique en Europe et en Asie pour concrétiser son ambition.

Axa Investment Managers (Axa IM) semble en voie de rémission. Après un exercice 2011 conclu par 1,2 milliard d’euros de sorties nettes, la société de gestion a renoué avec une collecte nette à l’équilibre. A fin septembre, elle affiche 100 millions d’euros d’entrées nettes, malgré une décollecte de 4 milliards liée à sa sortie volontaire de plans d’actionnariat salarié non rentables. Mieux, la compagnie est en passe de tourner la page sur les déboires d’Axa Rosenberg dont la décollecte est en net ralentissement : -2 milliards à fin septembre, contre -5 milliards en 2011 et -29,4 milliards en 2010. « Nous travaillons aujourd’hui à relancer la société, notamment en misant sur des stratégies de 'smart beta' (les indices dits intelligents, NDLR) », évoque Dominique Carrel-Billiard, directeur général d’Axa IM, sans s’appesantir sur le sujet.

Gain de parts de marché

Axa IM aura bien besoin de toutes ses forces vives pour donner corps à son ambition. Dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2015, la société de gestion vise en effet 200 milliards d’euros d’encours supplémentaires, dont 100 milliards collectés sur la clientèle pour compte de tiers. Pour y parvenir, elle entend accroître ses capacités de distribution sur ses principaux marchés et accélérer son expansion géographique. « Nous souhaitons entrer dans le Top 10 des acteurs mondiaux », avance Dominique Carrel-Billiard qui, avec 548 milliards d’euros d’actifs sous gestion, occupe pour l’heure la 15e place mondiale.

Présente dans 22 pays et comptant 28 bureaux dédiés à la distribution, la société n’entend pas se lancer à corps perdu dans des acquisitions. « La croissance externe n’est clairement pas une priorité aujourd’hui, confirme Dominique Carrel-Billiard, qui n’exclut pas de recruter des équipes. Notre stratégie repose sur la croissance organique à travers le développement de nos propres plates-formes. » L’Europe, qui représente plus de 90 % de ses encours, reste au cœur de son plan de développement. Ses efforts se concentreront en particulier au Royaume-Uni. Bien positionnée auprès des particuliers, Axa IM y juge sa présence insuffisante auprès des institutionnels. Pour se renforcer sur ce segment, elle s’est dotée à Londres d’une équipe de trois personnes dédiées aux stratégies LDI (liability-driven investment). En parallèle, elle souhaite être mieux référencée auprès des consultants, véritable nerf de la guerre pour conquérir cette clientèle. Une stratégie qui vaut pour toute l’Europe du Nord - Allemagne, Pays-Bas, Suisse, pays nordiques - où « notre part de marché ne correspond pas à ce que nous attendons », estime Dominique Carrel-Billiard.

De même, le dirigeant estime encore avoir du potentiel de développement aux Etats-Unis. « Nous voulons y accroître notre empreinte », avance-t-il, misant sur la promotion de son offre de produits alternatifs et obligataires, voire sur l’activité d’Axa Real Estate. La relance des activités d’Axa Rosenberg s’inscrit aussi dans cette logique, même si le dirigeant entend positionner davantage sa filiale sur ses offres et ses portefeuilles dédiés aux marchés émergents et à l’Asie.

L’Asie occupe en effet une place majeure dans la stratégie de croissance d’Axa IM. L’an prochain, la société compte ainsi ouvrir à Hong Kong un bureau composé de deux personnes pour Axa Framlington, sa branche dédiée aux actions. Faisant également le pari de la croissance organique, Axa IM va concentrer ses efforts sur le développement de ses coentreprises en Corée du Sud, en Chine et en Inde. « En Corée du Sud, où nous sommes liés à Kyobo, nous avons la taille critique, juge Dominique Carrel-Billiard. Nous collectons chaque année environ 1 milliard de dollars et nos encours s’élèvent à 13 milliards de dollars. » Ailleurs, la situation est plus délicate. En Inde, Axa IM a abandonné son partenaire initial Bharti pour s’allier, fin 2011, à Bank of India. Quant à la Chine, son alliance avec Shanghai Pudong Development Bank n’est opérationnelle que depuis 2008. « Nous avons besoin de temps pour avoir un bon ‘track record’, même si nous avons près d’un milliard de dollars d’encours », souligne Dominique Carrel-Billiard. Le récent feu vert des autorités chinoises pour ouvrir un bureau de représentation devrait lui permettre d’accroître sa notoriété auprès des investisseurs institutionnels locaux. 

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