Les assureurs peuvent-ils être systémiques ?

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

L’Association internationale des contrôleurs d’assurance (IAIS) doit proposer en septembre une méthodologie au Conseil de stabilité financière pour évaluer l’importance systémique des assureurs. Elle suggère d’ajouter aux critères de taille, d’interconnexion et de substituabilité un facteur temporel pour tenir compte du fait que le risque systémique, dans l’assurance, n’engendre pas de chocs immédiats et se déroule sur un horizon de plus long terme (en cas de faillite, les activités sont mises en run-off). Les acteurs du secteur, eux, répètent que leurs activités ne sont pas systémiques. « Il faut se concentrer sur la source du risque systémique, et non sur les institutions, et ne pas confondre les assureurs et les conglomérats financiers, plaide Patrick Liedtke, directeur général de l’Association de Genève. AIG était systémique à cause des activités risquées d’AIG Financial Products. » L’IAIS identifie plusieurs sources potentielles de risque systémique : entre autres, les produits financiers qui offrent une garantie minimale, le trading à nu de dérivés (notamment de CDS - credit default swaps), les activités de garanties financières (monoliners). Les assureurs peuvent aussi être amenés à réaliser des ventes forcées en cas de chute brutale de la valeur de leurs actifs, et surtout de rachats massifs, selon les superviseurs. « Les compagnies passent des provisions pour ces cas-là, répond Patrick Liedtke. Les assurés qui veulent récupérer leur capital doivent payer des pénalités et attendre un certain temps. De plus, lors de la crise, il n’y a pas eu d’explosion des rachats. »

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