Rencontre avec... Olivier Paquier, directeur pour la France de SPDR ETF (State Street)

« Assurer la liquidité va devenir de plus en plus cher »

le 26/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelles seront les conséquences de la directive Bâle III sur les ETF (« exchange traded funds ») ?

Cette réglementation aura certes un impact sur la gestion des ETF via les swaps pour les ETF synthétiques et le prêt-emprunt de titres pour les ETF à réplication physique. Mais il ne faut pas oublier les conséquences sur la liquidité des produits, qui concernent tous les ETF. En effet, les market makers (teneurs de marché) chargés d'assurer la liquidité des ETF sont soumis à la directive Bâle III.

L'activité de market making des banques nécessite d'immobiliser dans leurs livres des parts d'ETF afin d'assurer le marché secondaire. Cela impactera leur ratio de liquidité, et il faudra bien qu'ils le répercutent sur les ETF.

Cela risque-t-il de nuire aux ETF ?

Sur les marchés les plus liquides, il n'y aura pas de difficultés. Mais sur des indices moins traités, assurer la liquidité risque de devenir de plus en plus cher pour les teneurs de marché. Autrement dit, les fourchettes de prix achat-vente pourraient s'écarter. La solution consiste, pour les sociétés de gestion, à multiplier le nombre de market makers intervenant sur un ETF, car cela crée une concurrence propre à améliorer la liquidité. A l'inverse, les fournisseurs d'ETF travaillant avec un nombre restreint de brokers risquent d'être plus affectés.

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