Centenaire de L'Agefi - Volet 10

Les appétits de Jimmy Goldsmith

le 28/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Le milliardaire franco-britannique a par deux fois manifesté l’intention d’acheter le groupe Agefi. La première fois au début des années 80. Jules Coulon, cadre dirigeant de Michelin, chargé en 1983-84 de gérer le dossier de la cession de L’Agefi, raconte qu’un jour, il est informé par Philippe Vasseur, alors rédacteur en chef du Nouveau Journal (et futur ministre de l’Agriculture du gouvernement Juppé en 1995), que Jimmy Goldsmith désire le rencontrer. Un déjeuner est organisé auquel participent les trois intéressés et au cours duquel le milliardaire lui fait savoir qu’il est disposé à faire une offre (généreuse) de reprise. « J’ai été obligé de décliner, se souvient Jules Coulon, parce qu’il était trop tard ; nous avions pris des engagements avec Bertez et nous ne pouvions pas nous dédire. » A l’époque, Sir James était propriétaire de l’hebdomadaire L’Express qu’il avait acquis en 1977.

L’homme d’affaires, qui avait revendu L’Express en 1987, reviendra à la charge au début des années 90. Cette fois-ci, c’est à Georges Ghosn, propriétaire de L’Agefi et qui cherchait un acquéreur, qu’il fera connaître son intérêt pour le groupe L’Agefi/La Tribune. « Je ne lui ai pas vendu parce que j’avais plusieurs acheteurs et que Goldsmith voulait casser le groupe », témoigne Georges Ghosn. De surcroît, Jimmy Goldsmith voulait racheter un journal pour soutenir Philippe de Villiers. Et Georges Ghosn était hostile à l’idée de transformer La Tribune en journal politique. En 1992, Jimmy Goldsmith avait fait campagne aux côtés de Philippe de Villiers pour le « non » au référendum sur le traité de Maastricht.

Le groupe Agefi échappera donc encore au milliardaire franco-britannique et sera vendu en 1993 à un autre milliardaire, Bernard Arnault. Avec la bénédiction silencieuse du gouvernement Balladur qui ne voyait pas d’un bon œil que le courant anti-européen dispose d’une tribune dans les médias.

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