Dossier / Voyages d'affaires

Un appétit de mobilité dans la finance qui tarde à se concrétiser

le 27/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Les professionnels des marchés sont en passe de s’équiper d'applications sur téléphones et tablettes tactiles.

Les commerciaux sont déjà équipés de téléphones mobiles Blackberry, mais les équipes commerciales ont demandé une application iPhone pour présenter nos fonds aux CGPI (conseillers en gestion de patrimoine indépendants, NDLR) », relève Frédéric Lenoir, directeur de la communication de Natixis AM. Lancée en interne en septembre 2010, cette application est également compatible iPad. Connexion permanente, suivi en temps réel des opérations, portabilité… téléphones intelligents et tablettes tactiles promettent beaucoup. Selon une étude du fournisseur de technologies de mobilité américain Good Technology, publiée courant novembre 2010, les services financiers représentent près de 37 % des activations iPad, loin devant le secteur des nouvelles technologies (11,4 %) et les services de santé (10,5 %). En novembre dernier, JPMorgan annonçait la mise à disposition d’iPad pour les professionnels de la branche banque d’investissement. Si l’expérience est concluante, notamment en termes de productivité, la tablette tactile fera partie du package mobilité pour l’ensemble de ses collaborateurs. De leur côté, ceux de Nyse Euronext l’utilisent pour le moment pour lire leurs e-mails et prendre des notes en réunion. Mais dans certains cas, des présentations Powerpoint sont réalisées devant certains clients, en pilotant de manière coordonnée les différents Ipad mis à leur disposition. De même, BNP Paribas Securities Services a équipé ses équipes commerciales d’iPad munis d’une application spécifique rassemblant toute la documentation nécessaire à la description de l’offre de la filiale titres de la banque française.

Des offres dédiées aux gérants

Mais en dehors des forces commerciales, nomades par essence et devant être équipées en conséquence, quid des autres fonctions dans le monde de la finance ? L’éditeur britannique de solutions de trading et de connectivité aux marchés Ffastfill a annoncé en novembre dernier la disponibilité de sa suite logicielle (front, middle et back-office) en version iPad. L’éditeur français eFront doit sortir une version iPad également, courant 2011, de sa suite logicielle dédiée au private equity. Mais difficile pour l’instant de trouver trace d’un gérant qui suivrait ses portefeuilles sur son téléphone mobile. Pourtant, les offres existent. Thomson Reuters a ainsi créé en 2009 des solutions d’accès en temps réel sur BlackBerry et iPhone aux données de marchés et aux flux d’informations sur les opérations financières (Thomson One Mobile) pour le compte de la gestion d’actifs, puis de la banque d’investissement. Plus spécifiquement dédiée aux professionnels de la gestion, l’application de Charles River (Charles River Anywhere) réplique pour sa part les fonctionnalités des modules déployés en premier lieu sur leurs postes. « Elle intéresse en particulier les responsables du contrôle des risques qui peuvent en permanence visualiser les portefeuilles et recevoir des alertes, précise Guillaume Poitevin, responsable du marché français chez Charles River. Mais les gérants peuvent pour leur part analyser l’évolution de la composition de leurs fonds (par classes d’actifs, devises, émetteurs…), effectuer des simulations, voire passer des ordres en les envoyant directement à la table d'exécution en temps réel. »

Sur le marché des applications décisionnelles, intéressant en premier lieu les cadres, les initiatives sont encore limitées à certains hauts dirigeants, désirant avoir leurs tableaux de bord sur leur téléphone mobile. « On est en phase de démarrage, reconnaît Stéphane Pimienta, président et fondateur de Methys, société de conseil et d’intégration spécialisée dans l’informatique décisionnelle, et notamment en mobilité. Cela passe d’abord par une phase d’appropriation des professionnels via l’iPhone. Mais les usages et l’industrialisation viendront avec des solutions plus collaboratives, pour annoter et échanger des tableaux, capables d’analyser les données en situation de mobilité et destinées à des populations plus opérationnelles que le 'top management'. »

Enfin, le secteur financier semble avoir une longueur d’avance en matière de consultation de documents confidentiels. La société américaine Intralinks, éditrice de solutions de datarooms électroniques, a lancé sa version iPhone l’été dernier. « Il y a une très forte demande dans ce domaine, c’est une tendance de fond dans la stratégie IT des grandes entreprises, notamment dans la finance, de s’affranchir d’applications élaborées pour être utilisées derrière le 'firewall', affirme Marc Junès, responsable du bureau français d’Intralinks. Les banques françaises sont encore un peu réticentes sur ce type de technologie, les services des ressources humaines craignant de devoir requalifier certains contrats de travail pour cause de télétravail. » Mais au-delà de l’utilisation de sa solution de dataroom électronique, Intralinks a identifié certaines demandes, comme celle du service d’audit interne d’une grande banque désireux de s’affranchir de l’informatique pour la circulation de documents confidentiels.

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