Dossier Gestion institutionnelle

Appels d'offres, un début d'année dynamique en épargne salariale

le 31/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Une dizaine d'entreprises en ont lancé un au premier trimestre, contre 22 pour l'ensemble de 2011. La gestion diversifiée se taille la part du lion.

Nous constatons une accélération des appels d'offres en épargne salariale depuis le début de l'année », indique Frédéric Petiniot, directeur général du cabinet de conseil Amadeis, qui dénombre dix appels d'offres au premier trimestre 2012, contre 22 sur l'ensemble de l'année 2011. Explication : les directions des ressources humaines des entreprises étaient occupées, l'an dernier, par l'entrée en vigueur de la réforme des retraites au 1

erjuillet 2011, suivie par un été chahuté sur les marchés financiers, peu propice au lancement d'appel d'offres.

Ce début d'année 2012 marque aussi un retour à la normale en termes d'actifs avec des appels d'offres portant en moyenne sur quelques dizaines de millions d'euros chacun, soit un total de près de 600 millions d'euros d'actifs au premier trimestre. L'année 2011 faisait figure d'exception, à 5,2 milliards d'euros d'actifs, en raison d'opérations d'envergure exceptionnelle à l'image de Total pour 3,8 milliards.

Le groupe énergétique a changé de partenaire en confiant sa tenue de compte et la gestion de son actionnariat salarié à Amundi Epargne Entreprise au détriment d'Axa Epargne Entreprise fin 2011. Les grandes entreprises étant déjà largement équipées en épargne salariale, leurs appels d'offres concernent le plus souvent la rationalisation de dispositifs existants. Ainsi, les fusions entre plusieurs entités nécessitent généralement, à terme, de remettre à plat les dispositifs coexistants pour adopter une structure unique. « La tendance est au lancement d'appels d'offres conjoints sur le PEE (plan d'épargne entreprise, NDLR) et le Perco (plan d'épargne pour la retraite collectif) : les entreprises, notamment de taille moyenne, souhaitent choisir un seul prestataire pour les deux dispositifs afin de notamment rationaliser les coûts », explique Anne de Lanversin, directrice commerciale retraite et épargne entreprise chez Axa France.

Architecture ouverte

Au-delà des appels d'offres portant sur la mise en place de dispositifs complets, de nombreuses entreprises cherchent aujourd'hui à élargir leur gamme avec un ou deux produits supplémentaires. « L'architecture ouverte s'impose de plus en plus : certaines entreprises choisissent une société de gestion différente pour chacun de leurs FCPE (fonds communs de placement d'entreprise), relève Dominique Dorlipo, président de Russell Investments France. D'autres font le choix d'offrir à leurs salariés des solutions en architecture ouverte totale, ou le gérant du FCPE est en charge de la sélection et de la combinaison des expertises de gestion au sein du fonds. » Cette tendance à l'architecture ouverte se met aussi en œuvre au sein de la gestion diversifiée, représentant 50 % des appels d'offres. « De plus en plus d'entreprises s'intéressent à la multigestion au sein des fonds diversifiés, ajoute Dominique Dorlipo. Il s'agit aussi bien de petites que de grandes entreprises, tous secteurs d'activité confondus. »

Autre tendance forte, la mauvaise tenue des marchés financiers depuis 2008 incite les entreprises à rechercher des solutions d'épargne sécurisées. « Nous constatons une demande nouvelle pour les fonds à capital protégé depuis un an, tant dans le PEE que dans le Perco », atteste Anne de Lanversin. Enfin, l'investissement socialement responsable (ISR) confirme son développement au sein de l'épargne salariale. Les sociétés de gestion répondent d'ailleurs en ce moment même à un appel d'offres pour un Perco 100 % ISR.

Au-delà de la gestion proposée, les entreprises sont de plus en plus attentives aux coûts de ces dispositifs. « Il y a une pression à la baisse sur les frais des FCPE, comme sur les Sicav et les fonds, souligne Frédéric Petiniot. On observe d'ailleurs plus largement une convergence, en termes de qualité, entre les fonds d'épargne salariale et la gestion traditionnelle, notamment depuis la séparation des activités de teneurs de compte et de gestionnaires financiers. »

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