Anticipations baissières

le 06/06/2013 L'AGEFI Hebdo

par Xavier Diaz

Déflation non ; désinflation oui. C’est ce qui ressort de l’évolution des courbes de point mort d’inflation. Celles-ci sont calculées à partir des rendements des obligations nominales et des obligations indexées sur l’inflation. Ces dernières sont émises avec un coupon inférieur aux premières mais corrélées aux indices d’inflation via un ratio d’indexation. Elles fluctuent donc en fonction des anticipations des investisseurs en matière de prix. Depuis le début de l’année, l’indice Barclays Euro Government Inflation-Linked All Maturities recule de près de 1 %. Mais le point mort d’inflation n’est pas le seul moteur de performance des obligations indexées. « La baisse du point mort d’inflation a eu une contribution négative à la performance de ces obligations depuis janvier partiellement compensée par la baisse des taux réels », explique Marion Le Morhedec, gérante chez Axa IM. L’évolution des taux réels joue sur celle de leur prix ainsi que le portage, les échéances courtes étant plus affectées par l’inflation. Au-delà de ces catalyseurs, les obligations indexées sont soumises à des facteurs techniques, liés principalement aux flux d’échanges : « Un mouvement acheteur d’investisseurs cherchant à se couvrir contre l’inflation fera monter les titres et donc le point mort d’inflation, ce qui à son tour augmentera les anticipations de hausse de l’inflation », constate Marion Le Morhedec. Il en va de même en cas de baisse anticipée des prix à la consommation. Pour les obligations indexées, le point d’entrée est encore plus crucial que pour la plupart des autres classes d’actifs. Pour la gérante d’Axa IM, ce serait aujourd’hui le bon moment d’acheter ces valeurs. A condition toutefois de parier sur un retour de l’inflation à long terme, ce qui est le cas pour la société de gestion.

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