Centenaire de L'Agefi - Volet 3

Une amitié dangereuse

le 10/03/2011 L'AGEFI Hebdo

A la Bourse, le box de la banque Oustric était voisin de celui de l’Agence. Robert Bollack y croisait quotidiennement le banquier dont il se disait « l’ami ». Après la mort d’Yves Guyot, considérant que l’Agence avait fait le plein d’abonnés professionnels, Robert Bollack voulait se lancer dans une aventure plus ambitieuse, prendre le contrôle d’un journal et en faire « un grand organe financier populaire à bon marché ». Pour cela, il avait besoin d’argent. Il s’en ouvrit un jour de juillet 1929 à Oustric en expliquant qu’il lui fallait une trentaine de millions de francs. Le banquier lui proposa un prêt sur cinq ans en prenant une garantie sur les actions de l’Agence. Avec l’accord d’Henri Coulon et de ses frères, actionnaires majoritaires, Bollack accepta et la banque Oustric lui versa rapidement 24,5 millions de francs. Quelques mois passent et, lors d’une conversation, en mars 1930, Albert Oustric explique à Robert Bollack qu’il est contrarié par une campagne contre les actions à vote plural dans les journaux et qu’il souhaite que l’Agence le soutienne. Refus outré de Robert Bollack qui réplique qu’il entend rester maître de sa plume et qui propose à son interlocuteur de le rembourser. Ce qu’il fit en quelques semaines. Quelques mois plus tard, Albert Oustric était arrêté et inculpé de banqueroute frauduleuse. L’Agence était passée très près de la catastrophe...

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