Allianz GI France se renforce pour séduire les institutionnels

le 07/11/2013 L'AGEFI Hebdo

La société de gestion, dont 75 % des encours proviennent d’Allianz, mise sur son expertise en dette d’infrastructures pour étendre son activité pour compte de tiers.

Allianz Global Investors (GI) confirme son appétit pour la dette d’infrastructures. Après avoir souscrit le premier « project bond » émis par le projet de la Cité Musicale de l’Ile Séguin pour 127 millions d’euros, en juillet (

L’Agefi Hebdo du 12 septembre), la société de gestion a enchaîné en mettant sur la table 163 millions d’euros pour financer la dette à long terme de la nouvelle rocade de Marseille. « La dette infrastructure constitue un positionnement stratégique sur un marché qui va connaître un fort développement, estime Franck Dixmier, directeur général France et directeur Europe des investissements obligataires d’Allianz GI. Le 'deleveraging' des banques a certes été entamé mais il reste encore beaucoup à faire, d’autant que certains projets ont des difficultés pour se financer ou se refinancer. » Une aubaine dont Allianz GI entend bien profiter. Grâce à la puissance de frappe du groupe Allianz, la société dispose en effet d’une enveloppe de « plusieurs centaines de millions d’euros », évoque Franck Dixmier qui peut compter sur une équipe dédiée de dix personnes. « Nous avons d’ailleurs un mandat du groupe Allianz au niveau européen dans ce domaine des infrastructures », précise-t-il. D’autres projets pourraient rapidement se concrétiser, l’équipe infrastructures européenne comptant une vingtaine de projets à l’étude.

De fait, cette nouvelle expertise constitue un outil de conquête auprès de la clientèle externe. « Notre ambition est de proposer des occasions d’investissements à des clients tiers, ne cache pas Amine Benghabrit, directeur commercial chez Allianz GI France. Nous avons d’ailleurs des discussions avancées avec certains investisseurs institutionnels qui sont prêts à allouer entre 1 % et 2 % à cette classe d’actifs. Nous avons d’autres projets qui vont se concrétiser et nous voulons clairement développer cette gestion pour compte de tiers. » Et pour cause. Si la clientèle externe représente les deux tiers des encours d’Allianz GI au niveau mondial, la proportion est totalement inversée sur le marché français. Allianz GI France gère ainsi 80 milliards d’euros d’actifs, dont 20 milliards d’euros seulement pour le compte de tiers, soit « 13 milliards qui proviennent des clients institutionnels, 2 milliards de la distribution externe et 5 milliards des réseaux commerciaux d’Allianz », détaille Amine Benghabrit.

Placements privés

Allianz GI entend pourtant aller bien au-delà dans un avenir proche. Forte de quinze personnes, son équipe dédiée à la clientèle externe a déjà réussi en 2012 à engranger une collecte nette de 2,5 milliards d’euros (hors monétaire). « Si nous pouvons continuer d’accroître notre activité avec notre maison mère Allianz, tout en développant la clientèle institutionnelle, nous serions très contents », indique Franck Dixmier. « A terme, nous visons une croissance de nos encours de 5 % par an en moyenne », annonce Amine Benghabrit. Pour séduire les investisseurs institutionnels, Allianz GI peut aussi compter sur l’appui de partenaires. « Nous travaillons avec les acheteurs de fonds qui sont dans les banques privées ou les sociétés de gestion, précise Amine Benghabrit. En revanche, nous ne travaillons pas avec les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), compte tenu de l’ancrage des réseaux du groupe Allianz. »

En parallèle, Allianz GI mise sur le développement de son expertise en matière de financements des PME et ETI, via des placements privés, pour séduire des investisseurs institutionnels en quête de nouvelles classes d’actifs. « Nous avons un mandat d’Allianz France, précise Franck Dixmier. Nous nous intéressons à des sociétés françaises ayant une notation équivalente comprise entre 'BBB' et 'BB'. Nous pouvons prendre un ticket unitaire de 20 à 25 milliards d’euros avec une maturité maximale de dix ans. » Si le dirigeant se montre peu disert sur ses ambitions en la matière, cette activité s’inscrit toutefois dans une logique de « recherche de rendement », selon Franck Dixmier. Allianz GI veut en effet donner la priorité à sa rentabilité et aux performances de ses fonds, deux atouts considérés comme indispensables pour séduire une clientèle externe. « Nous ne sommes pas dans une course aux actifs, la rentabilité est essentielle et constitue notre priorité », insiste Franck Dixmier. Reste à savoir si ces atouts suffiront à conquérir des investisseurs institutionnels courtisés de toute part sur le marché français.

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