Dossier spécial Fund Forum 2011

Les administrateurs de fonds offrent des KIID clé en main

le 23/06/2011 L'AGEFI Hebdo

De la collecte des données à la diffusion du « key investor information document », ces prestataires proposent des solutions 100 % intégrées pour produire ce nouveau document obligatoire.

Le key investor information document (KIID), ou document d’information clé pour l’investisseur, entrera en vigueur le 1er juillet 2011 pour tous les OPCVM coordonnés soumis à la directive Ucits IV. Le KIID remplacera donc progressivement le prospectus simplifié en regroupant, dans un format standardisé à l’échelle européenne, les principales informations sur le fonds. Les produits créés à partir du 1er juillet doivent impérativement se conformer à ce standard. Pour les produits préexistants, la réglementation prévoit une « clause de grand-père », accordant aux sociétés de gestion un délai d’un an, jusqu’au 30 juin 2012, pour produire un KIID pour l’ensemble de leur gamme.

« Le défi réside dans les volumes à traiter : pour un seul et même fonds, il faut produire un KIID par part et par pays de distribution, c’est-à-dire parfois plusieurs dizaines de KIID », précise Raphaël Tridemy, directeur général délégué d’EFA France. Dans la continuité de leur offre, les administrateurs de fonds proposent à leurs clients sociétés de gestion des solutions clés en main pour produire leur KIID.

Les petites et moyennes sociétés de gestion n’ayant pas les ressources suffisantes en interne constituent la clientèle naturelle de ces offres. Mais certains grands asset managers choisissent eux aussi de déléguer la réalisation des KIID à leur administrateur de fonds. C’est ainsi le choix d’Axa IM, qui a annoncé en mars la signature d’un contrat avec State Street Global Services. « Nous proposons une solution clé en main y compris pour les fonds dont nous ne sommes pas l’administrateur : nous réalisons la collecte des données, leur traitement, la production des différentes statistiques, la réalisation du document, sa traduction, sa diffusion ainsi que les contrôles associés à chacune de ces étapes », expose Laurent Vidal, directeur du développement commercial de State Street Global Services.

Fournitures de données

D’autres maisons mettent l’accent sur le sur mesure, en laissant le choix au client entre une solution clé en main et la seule fourniture des données : « Le KIID constituera une source de revenus additionnelle pour les administrateurs de fonds, mais ce n’est pas en soi véritablement une offre différenciante : tous les acteurs la proposeront, estime Laurent Durdilly, directeur du développement produit de Caceis. Ce qui fera la différence, en revanche, c’est le degré de modularité de l’offre. » Même son de cloche chez EFA : « Notre offre est modulable, confirme Raphaël Tridemy. Certains clients n’achètent que le calcul des données - frais courants, SRRI (‘synthetic risk and reward indicator’ - lire page 26, NDLR)... -, tandis que d’autres nous confient aussi la fabrication du KIID, sa traduction et sa diffusion. » La facturation, directement liée au volume de KIID réalisé, dépend évidemment du niveau de service choisi.

A priori anecdotique, la traduction du KIID dans la langue de chaque pays où le fonds est distribué constitue en réalité une lourde contrainte. « Dès 2010, nous avons élaboré un partenariat avec un cabinet de traduction international, relate Nathalie Collot, product manager chez Caceis. Depuis, nous avons mis en place des flux automatisés entre nos deux maisons. Les bons traducteurs sont déjà débordés, et il sera difficile d’en trouver pour les administrateurs de fonds n’ayant pas pris de l’avance. » Car les sociétés de gestion sont engagées depuis quelques mois dans une course contre la montre.

La plupart des administrateurs de fonds ont lancé leur service de production de KIID dans les derniers mois de 2010, mais leurs clients n’ont pas tous immédiatement pris la mesure de la tâche. « Les grandes sociétés de gestion basculeront du prospectus simplifié au KIID en plusieurs vagues, en démarrant pour certains produits dès le mois de juillet 2011, indique Nathalie Collot. D’autres acteurs sont plus attentistes car ils comptent sur le délai d’un an qui leur est accordé pour passer au KIID. »

« Clause de grand-père »

Mais cette « clause de grand-père » n’existe pas outre-Rhin : tous les fonds de droit allemand doivent passer au KIID dès le 1er juillet 2011. Avec des conséquences indirectes sur l’ensemble du marché. « Les sociétés de gestion étrangères commercialisant des fonds en Allemagne ont tendance à accélérer la bascule de leurs fonds vers le KIID puisque les produits locaux auront déjà adopté ce standard, observe Laurent Vidal. Nous avons également pu constater la tendance des sociétés de gestion allemandes à adopter le KIID au 1er juillet, non seulement pour leurs fonds allemands puisque c’est obligatoire, mais aussi pour leurs fonds luxembourgeois ou autre dans un souci d’harmonisation de leur gamme. » Du côté des administrateurs de fonds, on se réjouit que certains clients préfèrent prendre leur temps pour produire leur KIID car cela leur permet d’étaler ce travail de titan. Caceis estime ainsi à 5.000 le nombre de KIID à produire pour ses clients dans les prochains mois. Une fois la bascule des fonds existants réalisée, il faudra ensuite faire vivre ces documents d’information en les mettant à jour au moins une fois par an, sinon plus. 

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