L’avis de… Aymeric Poizot, responsable du pôle Fund and Asset Management Rating de Fitch Ratings

« Les acteurs doivent miser sur le développement à l’international »

le 19/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Aymeric Poizot, responsable du pôle Fund and Asset Management Rating de Fitch Ratings (photo:dr)

Quel est le principal défi des filiales de gestion d’actifs des banques françaises ?

Faute de volonté politique pour développer des fonds de pension et l’épargne de long terme, le principal sujet reste la faible croissance structurelle du marché français. Par ailleurs, les investisseurs institutionnels sont plutôt dans une tendance de sortie de capitaux et, avec Solvabilité II, la prise de risque par les assureurs (une grosse moitié de l’épargne gérée en France) est désormais plus limitée. Dans un tel contexte, les acteurs doivent miser sur le développement à l’international. C’est aujourd’hui leur planche de salut et leur cheval de bataille.

Quel regard portez-vous justement sur leur développement à l’étranger ?

C’est un marché très concurrentiel et elles doivent se frotter à de gros acteurs, tels Pimco ou Schroders. Il faut donc avoir les bons produits, un dispositif commercial efficace et de solides track records, car être référencé auprès de quelques distributeurs ne suffit pas. Or historiquement, la gestion française s’est peu exportée, pour des raisons culturelles et de taille de marché domestique. Désormais, elle n’a plus le choix même si elle a pris un peu de retard. C’est leur préoccupation aujourd’hui.

La décollecte sur le monétaire les poussent-elles à repenser leur stratégie et leurs offres ?

La situation sur le monétaire en France est révélatrice d’un manque de volonté à l’international. Pendant très longtemps, le monétaire était une histoire franco-française, non exportée et non exportable, mais avec une base d’encours importante et relativement stable. Or avec Bâle III, les banques, notamment françaises, ont un intérêt particulier pour les produits de bilan. L’investisseur monétaire français étant assez opportuniste, la base d’encours se trouve concurrencée. De fait, l’an dernier, la gestion monétaire française est passée derrière la gestion monétaire anglo-saxonne qui s’exporte à l’international.

A lire aussi