L'avis de... Rodolphe Taquet, gérant actions internationales chez CPR Asset Management

« Les acheteurs d’actions japonaises sont de retour »

le 17/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment les entreprises vont-elles investir leurs importantes réserves de liquidités ?

Préoccupé par la reprise modérée des investissements, le gouvernement a demandé aux entreprises qui ont largement reconstitué leur capacité d’autofinancement d’investir en équipements ou d’acquérir d’autres sociétés. Pour autant, ce sont surtout les partenariats et les créations de joint-ventures qui sont privilégiés. Les opérations de fusions et acquisitions ne sont pas nombreuses et celles qui sont annoncées ne se concrétisent pas forcément. L’abandon des discussions entre les deux grands brasseurs nippons, Kirin et Suntory, en est un exemple récent. De même, le rapprochement entre Nippon Steel et Sumitomo Metal, qui permettrait de créer un acteur national de poids, capable de négocier les prix de l’acier au niveau mondial, n’est pas acquis. De nombreuses conditions doivent encore être fixées, dont la parité de fusion, un point sensible à l’origine de l’échec de multiples projets.

Les achats d’ETF (« exchange-traded funds ») de la Banque du Japon sont-ils le seul soutien de la Bourse de Tokyo ?

Depuis décembre, la Banque du Japon achète régulièrement des ETF répliquant les indices Topix et Nikkei 225. Cependant, les montants en jeu ne sont pas très importants. Il est vrai que l’annonce de cette initiative, interprétée comme la volonté des autorités de soutenir le marché actions, a pu redonner confiance aux investisseurs. La Bourse de Tokyo, qui enregistre des flux acheteurs nets depuis novembre dernier, profite aussi du mouvement global de réallocation d’actifs en faveur des places boursières des pays développés. Les marchés émergents sont moins courus, le temps que s’achève le resserrement des politiques monétaires destinées à endiguer l’inflation, comme en Chine. Un autre facteur de soutien au marché japonais est le rapatriement des capitaux des résidents qui s’opère habituellement avant la fin de l’exercice fiscal au 31 mars. Par la suite, l’attrait pour les actions japonaises dépendra de l’ambition des programmes annuels de développements qui seront présentés par les entreprises.

Les perspectives de résultats sont-elles attrayantes ?

Les résultats publiés sont bons, les perspectives aussi. Jusqu’à présent, 14 % des prévisions de ventes ont été relevées contre 12 % abaissées. Mieux, 20 % des objectifs de bénéfices opérationnels ont été révisés à la hausse, contre 5 % à la baisse. Autre élément attractif, les dividendes versés en 2011 vont augmenter. En dépit du niveau de change élevé du yen, les grandes entreprises exportatrices savent tirer leur épingle du jeu.

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