Rencontre avec... Alexander Haex, vice-président du développement de Kizad (Khalifa Industrial Zone Abu Dhabi)

« Abu Dhabi et Dubaï sont complémentaires »

le 30/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment fonctionne Kizad ?

Filiale d’Abu Dhabi Ports Company (ADPC), Kizad est une zone industrielle ouverte en septembre 2012. Contiguë au Port Khalifa (opérationnel depuis septembre également), à Taweelah, elle est quasiment équidistante d’Abu Dhabi et de Dubaï. Jusqu’à présent, l’investissement dédié à la fois à Port Khalifa et à Kizad est de 7,2 milliards de dollars. Kizad s’inscrit dans la « Vision économique d'Abu Dhabi 2030 » et son objectif est de contribuer d’ici à 2030 à 15 % du PIB du secteur non pétrolier de l’Emirat d’Abu Dhabi. Son accès facile, par route ou par avion et bientôt par train - grâce à un réseau développé par Etihad Rail -, ainsi que son emplacement stratégique, un carrefour commercial permettant aux industriels d’être naturellement connectés aux marchés internationaux, sont des atouts notables. Kizad comporte aussi quelques zones franches, mais celles-ci ne représentent qu’une petite partie de son territoire. En dehors, les industriels doivent s’associer à un partenaire local, détenteur d’une participation d’au minimum 51 % de la société commune qui sera installée. Par ailleurs, sur place, tout est mis en œuvre pour réduire les coûts opérationnels et les rendre inférieurs à ceux des concurrents régionaux. Faciliter les affaires est le maitre mot grâce, par exemple, au « One Stop Shop ». Ce back-office propose près de 300 services aux investisseurs tels que la gestion des licences avec les autorités gouvernementales, des permis, des tâches administratives, etc.

Quels industriels souhaitez-vous accueillir ?

Nous ciblons l’industrie de base dans l’aluminium, l’acier, l’ingénierie des métaux, la pétrochimie, la chimie, la pharmacie, les équipements médicaux mais aussi dans l'alimentaire, le papier et la logistique. Pour l’instant, les investisseurs les plus intéressés viennent des Emirats Arabes Unis (UAE), d’Asie ou d’Europe. L’Allemagne, en particulier, a montré un vif intérêt très tôt et l’Inde très vite. Sept projets sont déjà opérationnels et 50 contrats ont été signés. Nous attendons la signature prochaine d’une autre cinquantaine de prospects, dont sans doute des Français. Nous tablons sur la couverture de 40 % de notre terrain à la fin de 2014 et sur son occupation totale dans dix ans.

Concurrencez-vous Dubaï ?

Non. La zone de Jebel Ali est une réussite et nous ne sommes pas positionnés sur les mêmes créneaux. En réalité, nous sommes complémentaires. Dubaï s’est surtout développé dans le commerce, la distribution, la logistique tandis qu’Abu Dhabi est plutôt spécialisé dans les industries liées à l’énergie, à l’aval pétrolier, aux métaux, aux utilities.

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