A qui le tour ?

le 04/04/2013 L'AGEFI Hebdo

A chaque épisode du feuilleton de la zone euro, les observateurs scrutent l’horizon pour identifier le prochain chainon manquant. Le poids du secteur financier comparé dans le PIB (voir le graphique) est un indicateur observé de près depuis la crise chypriote. Pourtant, le jeu n’est pas si simple. «La distinction banques domestiques/banques étrangères n’est pas forcément significative. Ce qui compte, c’est la capacité financière du souverain à faire face à des difficultés et à soutenir ses banques», explique Guillaume Menuet, senior economist chez Citi. Dans le cas de l’Irlande par exemple, le souverain, en difficulté de financement, n’avait pas la capacité de soutenir un système bancaire hypertrophié. A l’inverse du Luxembourg. «Le cas du Luxembourg est très particulier, puisqu’il n’y a pas de problèmes économiques ni de besoin d’accéder au marché pour le souverain». En fait, «les plus petits pays sont souvent les plus vulnérables, car ils n’ont pas forcément les épaules pour soutenir leur secteur bancaire, même s’il n’est pas hypertrophié», estime Guillaume Menuet. D’où l’agitation autour de la Slovénie depuis quelques jours, alors que la récession dégrade le bilan des banques et le rendement des emprunts a bondi. «Bien que son secteur bancaire ne soit que peu endetté et que le gouvernement ait restructuré des banques en créant une 'bad bank', le pays connaît des difficultés de financement, remarque-t-il. Mais il est donc trop tôt pour tirer des conclusions.» La dette publique y reste d’ailleurs une des plus faibles en zone euro, à 53% du PIB.

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