100 ans, une exigence

le 19/05/2011 L'AGEFI Hebdo

En créant L’Agefi en 1911, le quatuor des fondateurs n’osait sûrement pas imaginer pour leur journal une telle longévité, en un temps où dans le tourbillon de la presse, les feuilles ne duraient souvent pas plus d’une saison. De fait, les épreuves ne lui ont pas manqué, et quelles épreuves ! Guerres, Occupation, krachs boursiers, chocs pétroliers, crise financière… Les échecs aussi, L’Agefi en a eu son lot, de diversification manquée en fusion avortée. Quant aux actionnaires, le titre en a eu de toutes natures, familiaux impliqués ou patronaux de circonstances, aussi différents que possible dans leurs approches et leurs objectifs stratégiques. Mais ils ne varièrent jamais sur un point, le seul à vrai dire vraiment crucial pour un titre de presse et qui a, dans le fond, assuré sa survie : l’objectif d’origine, celui d’informer aussi complètement et honnêtement que possible le public des professionnels de la finance, n’a jamais été perdu de vue. Jamais aucun d’entre eux n’a touché à l’ADN du journal, erreur qui fut fatale à tant de titres. Dans la presse comme dans la vie, un tel traumatisme ne se surmonte pas car il attente à son capital le plus précieux : la fidélité des lecteurs.

Si, au tournant du siècle, fort de la confiance de son actionnaire, L’Agefi a pu prendre résolument le tournant numérique, c’est d’abord avec l’idée bien arrêtée de ne renoncer en rien à cette exigence éditoriale séculaire. C’est aussi parce qu’elle a su ranimer celle, présente dès l’origine, de donner à son service d’information la plus grande disponibilité et commodité d’emploi possible, en un mot de le remettre en adéquation parfaite avec les attentes et les besoins des utilisateurs des médias d’aujourd’hui. Nous avons alors constaté que, comme nous l’espérions, l’univers d’internet n’est nullement l’ennemi du papier mais bien son allié ; et que si un modèle économique touche à sa fin, d’autres, tout aussi puissants et prometteurs, s’apprêtent à prendre le relais. De quoi nous rendre confiants pour L’Agefi bien sûr, mais aussi pour l’avenir de tout le secteur de la presse, aujourd’hui en proie au doute.

A lire aussi