L'avis de... Valérie Quesada, gérante taux & inflation, et Thierry Sarles, responsable de la gestion taux chez CPR AM

« Le risque politique, un élément clé des décisions de gestion »

le 26/02/2015 L'AGEFI Hebdo

« Le risque politique, un élément clé des décisions de gestion »
Valérie Quesada, gérante taux & inflation, et Thierry Sarles, responsable de la gestion taux chez CPR AM
(DR)

Vous venez d’introduire un nouveau critère, celui de stabilité politique, à votre grille de notation des pays de la zone euro. Comment l’avez-vous construit ?

Au regard de ce qui s’est passé en 2014, nous avons identifié le risque politique comme un des éléments clés dans les décisions de gestion en 2015. C’est en décembre dernier que nous l’avons formalisé sur la base de nos travaux préalables. Il importait de trouver une mesure transversale, opposable et commune à tous les pays pour l’évaluation de la présence du risque politique. L’occasion nous a été fournie par les élections au Parlement européen de mai 2014. Nous avons bâti notre critère sur la base des résultats des partis eurosceptiques à ces élections dans chacun des pays mais aussi sur leur évolution dans les récents sondages et sur le calendrier électoral. Ce critère de stabilité politique compte pour 12,5 % de la note totale qui intègre aussi les critères de dette/PIB, de détention de la dette par les non-résidents, de prélèvement obligatoire, de réforme et de taux. Nous lui avons fait de la place en écrêtant les autres critères, notamment celui de compétitivité, un peu plus inerte. Notre idée a été de coupler le nouveau critère avec celui concernant les réformes engagées dans l’optique que le cumul des deux ne dépasse pas le tiers de la note.

Comment anticipez-vous les élections générales de fin d’année en Espagne ?

Avec notre nouvelle grille de lecture, l’Espagne a perdu un peu de son avance. Les titres souverains espagnols représentent moins de 22 % de notre portefeuille contre encore 25 % il y a peu. Notre prochain rebalancement aura lieu en juin et l’échéance des élections générales approchant, le classement devrait être revu au détriment des titres souverains espagnols, en fonction aussi de la lecture des événements que feront les marchés.

En même temps que les échéances politiques prennent de l’importance, les effets de contagion disparaissent à l’exemple du peu d’influence de la crise grecque sur les spreads périphériques…

Depuis les épisodes de crise de 2011, les autorités européennes ont mis en place une armada d’instruments pour se préserver des effets de contagion politique : ESM*, EFSM*, OMT*, six-pack, la liste est longue… sans oublier l’action de la Banque centrale européenne. C’est efficace. Ces derniers jours, avec le dossier grec, les spreads périphériques se sont un peu écartés et en tout cas ne se resserrent plus. Nous avons un mini-effet de contagion qui n’a rien à voir avec la crise de 2012. Le PSI a quasiment sorti le secteur privé de la dette grecque, donc le canal avec les marchés et les investisseurs est pratiquement rompu.

*ESM : mécanisme européen de stabilité ;

EFSM : mécanisme européen de stabilisation financière ;

OMT : opérations monétaires sur titres.

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