Un cas d'école

le 08/05/2014 L'AGEFI Hebdo

On pouvait difficilement imaginer meilleure publicité pour l’inclusion des services financiers dans le traité transatlantique en cours de négociation. Dans les trois mois qui ont suivi l’entrée en vigueur, en octobre dernier, des nouvelles règles américaines sur les plates-formes de dérivés (Swap Execution Facilities), le volume des transactions de dérivés de taux en euros entre opérateurs européens et américains a chuté de… 77 %. Cela «a clairement eu un effet perturbant sur les volumes (…), le marché s’est fragmenté», note l’International Swaps and Derivatives Association, qui a réalisé cette étude. Les opérateurs de marché avait alerté depuis des mois sur les risques de la création d’un statut particulier pour ces plates-formes aux Etats-Unis, alors qu’en Europe les Organised Trade Facilities ne verront le jour qu’avec l’entrée en vigueur de la directive MiFID 2. Le problème avait été identifié par les experts du Financial Markets Regulatory Dialogue… mais pas au point de susciter une réaction. «Ce dialogue manque de visibilité politique», explique une source officielle de la Commission européenne. «Avec le TTIP, nous pourrions développer des mécanismes de coopération qui évitent d’attendre la dernière minute pour trouver une solution», dit-il.

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