Reconstruire l'assurance-maladie

le 03/04/2014 L'AGEFI Hebdo

La note du Conseil d'analyse économique (CAE)* consacrée à la gestion et aux dépenses d'assurance-maladie n'y va pas par quatre chemins. La France est le seul pays parmi les grands partenaires européens à avoir un système mixte, complexe et semi-privé reposant sur le monopole de la Sécurité sociale d'un côté, les assurances complémentaires de l'autre. Or une telle organisation entraîne des coûts de gestion élevés et favorise la hausse des prix des soins, explique la note du CAE. De plus, la régulation actuelle des complémentaires encourage la sélection des risques ; ce qui produit des inégalités dans l'accès à l'assurance et aux soins. Les frais de gestion de l'ensemble sont de 13,4 milliards d'euros : 7,2 milliards pour la Sécurité sociale et 6,2 milliards pour les complémentaires (pour un total de prestations de 25 milliards en 2012). Des sommes similaires quand la première rembourse 75,5 % des soins et les secondes 13,7 %, pour un nombre de dossiers équivalents dont le traitement est doublonné. Qui plus est, en l'absence d'une régulation adaptée, le système actuel ne protège pas de la discrimination. Sélectionner des affiliés jeunes et en bonne santé est pour les compagnies un moyen plus simple de gagner en compétitivité que de chercher à contractualiser avec des médecins pour des soins plus efficients. « Il semble impératif de mettre fin à ce système mixte », écrit le CAE, en créant soit un système public décentralisé, soit un système de caisses d'assurance en concurrence régulée. *Refonder l'assurance-maladie, CAE, avril 2014. Brigitte Dormont, Pierre-Yves Geoffard et Jean Tirole.

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