Editorial du supplément bilingue de L'Agefi Hebdo du 2 décembre 2010

A la recherche de solutions innovantes

le 02/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Le marché institutionnel français ne s’atrophie pas, il se complexifie. Bien sûr, les 35 milliards d’euros du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) vont dès 2011 être absorbés par la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale), et de drastiques arbitrages sont dès lors inévitables. Bien sûr, les caisses de retraite des salariés, Agirc et Arrco, ont viré dans le rouge plus tôt que prévu et ponctionnent dans leurs portefeuilles pour boucher les trous. Bien sûr enfin, les compagnies d’assurances, qui en l’absence en France de fonds de pension pèsent d’un poids considérable dans l’univers des investisseurs institutionnels, seront soumises à l’inéluctable mise en œuvre de la directive Solvabilité II et réduisent comme peau de chagrin leurs allocations en actions.

Cependant, les assureurs-vie affichent des encours en hausse de plus d’une centaine de milliards d’euros en une petite année. Et surtout, à leur recherche d’une adéquation de la maturité de leurs actifs à celle de leurs engagements va s’ajouter une évaluation du rendement de ces actifs au regard de leur consommation en capital. La combinaison des contraintes réglementaires et de la faiblesse des taux va les inciter à se tourner vers des solutions d’investissement plus innovantes. En outre, les grandes entreprises françaises ont renoué avec de confortables bénéfices et mis un point d’honneur à se désendetter, si bien qu’elles n’ont jamais été aussi « cash rich », ce qui leur offre plus de latitude pour allonger l’horizon d’investissement de leur trésorerie. Par ailleurs, les règles comptables imposent aux multinationales une vigilance accrue vis-à-vis de l’impact des résultats de leurs fonds de pension sur leurs bilans.

Dans ce contexte, la capacité des sociétés de gestion, mais aussi des banques d’investissement, à élaborer des réponses adaptées fera entre elles la différence.

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