DOSSIER GPGA

La gestion active résiste pendant la crise

le 25/11/2010 L'AGEFI Hebdo

Des gérants de tous horizons ont fait la preuve de leur capacité à générer de l’alpha entre 2007 et 2010.

L’édition 2010 des Grands Prix de la Gestion d’Actifs (GPGA) de L’Agefi porte sur une période plutôt symbolique, de début juillet 2007 à fin juin 2010. Autant dire que les gérants ont été confrontés à des conditions de marché plutôt sportives, et que les heureux élus ont véritablement fait leurs preuves. Pour rappel, ces prix sont remis aux fonds qui surperforment sur trois ans glissants leur univers d’investissement, qui donc génèrent l’alpha le plus élevé, selon une méthodologie élaborée conjointement par EuroPerformance et l’Edhec (lire page 34).

Comme l’an dernier, le grand gagnant des GPGA 2010 est Rothschild & Cie Gestion, avec à nouveau trois premières places (plus une deuxième et une troisième). Il conforte encore son statut de « boutique d’alpha », comme le dénomme Jean-Louis Laurens, associé-gérant et président du directoire de Rothschild & Cie Gestion (dont les encours atteignent une vingtaine de milliards d'euros), en s’imposant dans des catégories en partie différentes : premier en 2009 sur les Actions zone euro, les Actions Europe et les Obligations Euro, il ne le reste en 2010 que sur les Actions Euro, mais le devient sur les Actions France et les Fonds diversifiés internationaux. « Au cours de ces trois dernières années particulièrement agitées, la gestion active, en particulier dans le cadre de produits diversifiés, a démontré sa capacité à préserver le capital, sa supériorité sur la gestion passive, grâce à des paris pris avec un risque contrôlé », juge Jean-Louis Laurens.

Même les très grandes maisons

Pour sa part, Michel Haski, directeur général d’Allianz Global Investors France, constate que « les investisseurs institutionnels détiennent désormais dans leurs portefeuilles des poches de gestion passive, mais cherchent en complément des gérants à fortes convictions. Aussi, ces approches sont plutôt complémentaires et ceux qui souffrent sont plutôt les gérants qui se situent entre les deux ». Il juge qu’une grande société de gestion (Allianz GI gère environ 1.500 milliards d’euros) peut produire de l’alpha si les différentes entités qui la composent conservent leur indépendance, mais bénéficient de l’infrastructure d’un grand groupe. « Il faut des moyens importants pour assurer une gestion active de qualité, en particulier en termes de recherche », assure Michel Haski. En l’occurrence, le groupe s’appuie essentiellement sur deux sociétés de gestion globale (Pimco, en matière de gestion obligataire, et RCM en matière de gestion actions), et sur deux plates-formes d’investissement régionales aux Etats-Unis et en Europe (dont font partie les gérants d'Allianz GI France). La filiale de gestion d’actifs de la compagnie d’assurances allemande, absente du classement l’année dernière, s’accapare trois prix en 2010, sur les Actions USA, les Obligations high yield et les Obligations internationales (à travers sa filiale Pimco), auxquels s’ajoutent une deuxième place sur les Actions européennes.

Par ailleurs, First State conserve d’une année sur l’autre sa position de leader mais aussi sa troisième place dans la catégorie Actions Asie hors Japon et y ajoute même la deuxième place. La filiale du groupe Commonwealth Bank of Australia perd cependant sa place de leader dans la catégorie Actions émergentes, au profit de Raiffeisen. Pour sa part, Robeco troque son premier prix en fonds Actions sectorielles de 2009 (reçu par Pictet cette année), contre celui de la catégorie Actions USA. De même, ING Investment Management échange sa première place acquise l’an dernier dans la catégorie Actions internationales (et perdue en 2010 au profit d’Amundi), contre la place de leader sur les Actions européennes. Le mastodonde du marché français, fruit du rapprochement des activités de SGAM et CAAM, fait d’ailleurs cette année son entrée dans notre classement, avec un fonds Actions internationales géré auparavant par CAAM.

Cependant, la capacité d’attraction de la gestion active est toujours mise à rude épreuve sur le marché français. Les dernières statistiques d’EuroPerformance font ainsi apparaître que depuis le début de l’année, à fin octobre, les fonds actions (hors ETF - exchange-traded funds) de droit français ont subi 2,45 milliards d’euros de décollecte nette, tandis que les ETF actions (de droit français) engrangeaient 2,2 milliards. Mais le constat est inverse concernant les fonds diversifiés, qui collectent sur les dix premiers mois de l’année plus de 9 milliards, contre moins de 30 millions pour leurs homologues ETF, et même concernant les fonds obligataires (2,41 milliards de souscriptions nettes, contre 717 millions pour les ETF de la catégorie). Au total, donc, sur ce segment de l’épargne longue, sur lequel se focalisent les GPGA, les fonds de droit français hors ETF ont levé plus de 9 milliards, tandis que sur ces mêmes marchés, les ETF ont récolté moins de 3 milliards.

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