L'avis de... Samuel Raoul, consultant investisseurs institutionnels chez bfinance

« Les institutionnels favorisent les sociétés de gestion de proximité »

le 18/11/2010 L'AGEFI Hebdo

Est-il nécessaire d’avoir une société de gestion en France pour attirer les institutionnels ?

C’est quasiment incontournable pour leur proposer des fonds dédiés et un atout indéniable pour décrocher un mandat. Les distributeurs internationaux se heurtent aujourd’hui au refus de certaines caisses de retraite et mutuelles de souscrire des fonds ouverts, a fortiori lorsqu’ils sont domiciliés à l’étranger. L’affaire Madoff et le débat sur la responsabilité du dépositaire de la Sicav Luxalpha ont jeté la suspicion sur les fonds luxembourgeois et irlandais. La plupart des institutionnels français favorisent les sociétés de gestion de proximité, jugées plus réactives en cas de problème, et les équipes commerciales stables. Or, plusieurs acteurs étrangers ont fait ou subi des opérations de fusions-acquisitions. Pour autant, aucun acteur significatif n’a déserté le marché français.

Les groupes internationaux ont-ils une carte à jouer sur certaines expertises ?

Les appels d’offres des institutionnels, des caisses de retraite, des mutuelles et des assureurs ont reculé de 50 % cette année, et les gestions françaises sont en pointe sur l’obligataire, très majoritaire dans les allocations. Pour les concurrencer réellement, les étrangers doivent pouvoir proposer des mandats de type assuranciel, sous contrainte de rendement comptable. Par ailleurs, notre dernière enquête a montré une augmentation de l'exposition aux pays émergents et un regain d’intérêt des institutionnels pour les actions et la gestion à performance absolue. S’il se concrétise en 2011, les gérants internationaux pourront promouvoir leurs fonds ouverts souvent favorisés par rapport aux fonds dédiés dans les portefeuilles périphériques dont les enveloppes sont moins élevées.

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