Sociétés de gestion étrangères en France

En absorbant deux acteurs de la place, BNPP IP change de dimension

le 18/11/2010 L'AGEFI Hebdo

Héritière des actifs de Fortis et ABN Amro, la banque devient le troisième gestionnaire européen.

ABN Amro Asset Management (ABN Amro AM), Fortis Investments. Ces deux acteurs étrangers de renom ont disparu de la scène française de la gestion d'actifs en l'espace de deux ans, leurs activités venant grossir les rangs de BNP Paribas Investments Partners (IP). Non content d’avoir récupéré les activités de son homologue belge, à la suite de l’acquisition de la banque Fortis au printemps 2009, le groupe français a de fait également mis la main sur les expertises de l’ex-ABN Amro Asset Management, reprises en avril 2008 par Fortis Investments lors du rachat de la banque néerlandaise par le trio Fortis-Royal Bank of Scotland-Santander. Ce coup double a permis à BNP Paribas de renforcer significativement ses positions, notamment en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas. La France et le Benelux représentent aujourd'hui 60 % de ses actifs sous gestion. Mais surtout de prendre une nouvelle dimension. Avec 539 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin septembre 2010 - dont environ 160 milliards de Fortis Investments -, BNPP IP est devenu le troisième gestionnaire d’actifs en Europe et le neuvième au niveau mondial. Une situation appelée à perdurer. « Nous voulons rester un leader européen sur les grandes classes d’actifs », avance William de Vijlder, responsable des investissements chez BNPP IP.

Fusion de la gamme de fonds luxembourgeois

Les ambitions du groupe dépassent pourtant largement le Vieux Continent. « Nous voulons avoir un taux de croissance important dans les pays émergents, et notamment en Asie, explique William de Vijlder. Ce sont des marchés où la croissance et les taux d’épargne sont forts. » De fait, le groupe prévoit de doubler ses encours dans la région dans les trois ans à venir, contre 54 milliards d’euros d’actifs sous gestion à l’heure actuelle.

En attendant, BNPP IP doit poursuivre l’intégration opérationnelle de Fortis Investments. « Il nous reste encore quelques chantiers à mener, essentiellement au niveau informatique, explique William de Vijlder. Notre idée est de mettre l’ensemble des équipes sur un même système, ce qui nécessite une série de développements techniques. Dès le début, nous avons décidé de passer sur une seule plate-forme pour notre front-office et les services de gestion des données. » Une opération qui devrait être achevée mi-2011.

Le chantier le plus important concerne toutefois la rationalisation de sa gamme de fonds et de produits, l’ensemble devant adopter la dénomination BNPP IP. Lors de la présentation de ses résultats du troisième trimestre, le groupe a indiqué que « la restructuration de la gamme de fonds était avancée à 25 % ». Toutefois, « notre gamme de fonds luxembourgeois doit encore fusionner en 2011, précise William de Vijlder. Nous avons une gamme de fonds et de compartiments assez vaste que nous cherchons à simplifier, tout en gardant de la souplesse dans la création de fonds ». Le gestionnaire a pu étoffer sa gamme de produits, bénéficiant de la complémentarité des deux sociétés. Ainsi, si Fortis Investments ne disposait pas d’expertise en gestion passive ou sur les ETF (exchange-traded funds), là où BNPP IP a un réel savoir-faire, les activités de gestion profilée et d'allocation d'actifs de la banque française n’avaient a contrario pas la taille de celles de sa cible. « Nos capacités de gestion se sont clairement étoffées, estime William de Vijlder Les deux sociétés avaient une grande complémentarité en termes de spécialisation. » La banque doit à présent trouver les bons arguments commerciaux pour séduire de nouveaux clients, après une décollecte de 4,7 milliards au troisième trimestre.

A lire aussi