Les ultimes propositions d'Alexis Tsipras à l'Europe

le 10/07/2015

Télécharger le document

Malgré le « non » du peuple grec aux exigences de réformes de l’Europe, dimanche 5 juillet, Alexis Tsipras s’est résigné à soumettre, cinq jours plus tard, un nouveau plan d’austérité aux créanciers de la Grèce. Un plan déterminant pour la poursuite de l'aide financière au pays et son éventuel maintien au sein de la zone euro.  

Transmises jeudi 9 juillet à ses partenaires, les propositions d'Athènes vont au-delà de celles pourtant refusées par le peuple grec, sans que soit vraiment clarifiée la question sensible de la restructuration de la dette publique grecque (rééchelonnement versus haircut). En contrepartie de ses efforts, Athènes demande un financement de 53,5 milliards d'euros pour couvrir les obligations liées à sa dette jusqu'en 2018. 

La Grèce s'engage à viser un surplus budgétaire primaire de 3,5% du PIB à compter de 2018. Alexis Tsipras consent aussi à uniformiser le système de TVA autour de trois taux, 23% (incluant les restaurants), 13% (produits alimentaires de base, énergie et hôtels), et 6% (médicaments, livres, théâtre). Les exemptions pour les îles grecques seront supprimées, à l’exception des plus isolées. Le gouvernement se réserve la possibilité de compenser, de façon neutre pour les finances publiques, les contribuables les plus pauvres de ces îles. L’ensemble devrait être complété à la fin 2016. 

Les dépenses militaires seront amputées de 300 millions d’euros d’ici 2016. La taxe sur les sociétés augmentera elle de deux points à 28%.

Concernant le système de retraite, l’un des points de blocage entre les Grecs et les responsables européens, « de fortes désincitations à la pré-retraite » seront introduites,  l’âge de la retraite devra passer immédiatement à 67 ans, ou 62 ans avec 40 années de cotisations. L’aide spécifique aux retraités sera supprimée graduellement, mais le vote sera immédiat sur cette mesure régulièrement mise en avant par les européens.

Des plans sont prévus pour combattre l’évasion fiscale, avec notamment la création d’un délit pénal et d’agences indépendantes chargées de la collecte des taxes. Des réformes structurelles à définir avec les membres de la Troïka (Europe, BCE, FMI) porteront sur une libéralisation accrue du marché du travail et des produits. Les privatisations seront de nouveau engagées, notamment des aéroports régionaux et des ports du Pirée, de Thassalonique et Hellenikon. Plus anecdotiquement, la taxe sur les bateaux de luxe qui devait être mise en place pour les bateaux de plaisance de plus de 10 mètres concernera finalement tous ceux de plus de 5 mètres. 

Il reste désormais à Alexis Tsipras à faire accepter ce plan de réformes aux membres de la plateforme Syriza, dont certains ont encore récemment juré de ne pas voter pour un nouveau plan d’austérité. Mais également de le faire accepter au peuple grec. 

Source :
Gouvernement grec
Langue :
Royaume Uni
Pages :
13

A lire aussi