L'environnement et le social sont encore peu pris en compte par les banques

le 25/06/2015

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Le secteur bancaire ne tient pas suffisamment compte des risques liés à l'environnement et au social dans ses activités commerciales et d'investissement, selon une étude réalisée par KPMG avec le soutien du WWF sur 12 grandes banques européennes. Le changement climatique, la rareté de la ressource en eau, la production durable sont cités en exemples. 

Intitulée « Ready or not: An assessment of sustainability integration», cette étude indique que les banques ont du mal à évaluer les risques ou les opportunités que ces facteurs peuvent représenter pour leurs entreprises clientes. « Elles ont une approche étriquée des enjeux de durabilité en se concentrant sur le financement de certaines activités », critique un communiqué de WWF présentant le rapport.

Selon Barend van Bergen, partenaire chez KPMG Sustainability, « si les banques ont conscience des facteurs environnementaux et sociaux, leur attention porte surtout sur les conséquences potentielles sur leur réputation. De nombreuses banques manquent d’une vision d’ensemble sur les conséquences financières que ces facteurs peuvent avoir à la fois sur leurs opérations et leurs entreprises clientes. C’est un problème parce que, dans les prochaines années, les impacts sur les recettes bancaires risquent d’augmenter alors qu’en parallèle, les banques seront de plus en plus attendues sur leur responsabilité d’entreprise. »

De son côté Maria Boulos, directrice Corporate engagement au WWF, « L’étude montre que le secteur bancaire dans son ensemble n’a pas de réponse stratégique pour gérer de manière significative les risques liés aux réalités environnementales et sociales.»

Selon Philippe Germa, directeur général du WWF France, « Ancrées dans une vision stratégique à court terme, les banques ne sont pas à ce jour véritablement entrées dans la marche vers une économie décarbonée et socialement responsable. Or ce n’est que par la mobilisation massive des acteurs de l’industrie financière que nous pourrons trouver les solutions de financement de la transition énergétique. »

Le Living Planet report du WWF souligne que la consommation de ressources naturelles est supérieure à ce que la planète peut en produire. Les incertitudes économiques et les risques de pénuries qui en résultent auront nécessairement un impact sur les portefeuilles d’investissement et le niveau de risques des prêts bancaires. Face à ce constat, les banques doivent saisir l'opportunité de créer de la valeur pour leurs clients mais aussi plus largement pour la société et la planète.

Le secteur bancaire peut notamment réduire son soutien aux énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, aider les clients à faire des choix d’investissements durables et promouvoir des réglementations environnementales et sociales plus ambitieuses.

Source :
KPMG, WWF
Langue :
France
Pages :
57

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