La remontée des taux américains pourrait coûter cher aux pays émergents

le 11/06/2015

Télécharger le document

Une remontée des taux obligataires américains, européens et japonais de 100 points de base réduirait de 1,8 point de PIB les flux de capitaux vers les pays émergents, met en garde la Banque Mondiale dans son rapport sur les perspectives économiques globales, publié mercredi 10 juin.

Une transition plus graduelle de remontée des taux américains sans répercussion en Europe et au Japon abaisserait tout de même de 0,8 point de PIB les flux de capitaux, ajoute l'institution de Brettons Woods. Toutefois les pays émergents sont aujourd’hui mieux préparés à ce type de scénario que lors de l’épisode du « taper tantrum » de mai 2013, lorsque les taux obligataires américains s’étaient fortement tendus suite à l’annonce précipitée de la fin de l’assouplissement monétaire (quantitative easing, QE) par Ben Bernanke.

Globalement les pays émergents font face à deux transitions qui expliquent une prévision de croissance révisée à la baisse à 4,4% pour 2015. Outre la hausse du coût de l’endettement liée à la politique monétaire américaine, ils doivent s’adapter à l’environnement de prix bas des matières premières. C’est ainsi la quatrième année de suite que les prix des matières premières sont bas, ce qui affecte des économies encore fortement dépendantes des exportations, comme le Nigéria.

L’horizon économique est aujourd’hui très varié pour les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le Brésil fait face aux conséquences du scandale Petrobras et voit ses prévisions sévèrement réduites, passant d’une croissance de 1,2% prévue début janvier à une récession de 1,3% prévue à présent pour 2015. L’impact des sanctions sur l’économie continue à se faire sentir, avec une récession de 2,7% envisagée pour l’année.

Au contraire, la Chine devrait parvenir à atteindre une croissance de 7,1%, confirmant un ralentissement modéré de son rythme de croissance. Le grand gagnant est l’Inde, portée par les réformes économiques initiées par le premier ministre Narendra Modi, qui devrait atteindre une croissance de 7,5% cette année.

Les pays riches devraient tirer leur épingle du jeu, avec une croissance de 2% en 2015 en moyenne, 2,4% en 2016 et 2,2% en 2017. Les Etats-Unis devraient tirer l’ensemble avec une estimation à 2,7% de croissance en2015, contre 2,6% pour le Royaume-Uni, 1,5% en zone euro et 1,1% au Japon. 

Source :
Banque Mondiale
Langue :
Royaume Uni
Pages :
199

A lire aussi