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Fallen Angels : 2020, année record

BNY Mellon
le 04/12/2020

Fallen Angels : 2020, année record

L’année 2020 aura été une année unique sur le plan des Fallen Angels, les dégradations d'obligations Investment Grade au rang de Fallen angels se succédant. Cette tendance était attendue même avant les bouleversements économiques provoqués par la pandémie de COVID-19. Toutefois, dans un contexte marqué par une activité économique extrêmement volatile, la capacité de nombreux émetteurs à conserver leur notation Investment grade s’est trouvé compromise.

L'augmentation des dégradations contribue à renforcer les inefficiences structurelles du marché de deux manières. Primo, le déséquilibre entre l'offre et la demande pour les nouveaux Fallen Angels devrait être à l'origine de plus grandes distorsions des prix. À nos yeux, les ventes forcées opérées par les gérants Investment Grade, conjuguées à l'incapacité du marché High Yield à absorber cette nouvelle offre, feront encore davantage chuter les prix des nouveaux Fallen Angels en deçà de leur valeur fondamentale, offrant ainsi aux investisseurs la possibilité de réaliser un alpha plus élevé lorsque l'équilibre sera retrouvé. Secundo, l'augmentation de l'offre génère un éventail d'opportunités plus vaste, ce qui permet de diversifier le portefeuille et potentiellement d'améliorer le couple rendement/risque.

Au 30 septembre, plus de 230 obligations de 43 sociétés, représentant un volume de 179,6 milliards de dollars, ont été rétrogradées. Ces chiffres dépassent déjà ceux enregistrés pour les années civiles complètes 2009 (103 milliards USD) et 2005 (149 milliards USD), les plus importantes jusqu’alors.

Le troisième trimestre 2020 a été marqué par la dégradation d'obligations de huit sociétés représentant un volume total de 19,5 milliards de dollars. Il constitue à ce titre le dixième plus gros trimestre en termes d'abaissement de note. Si les mois de juin (1 milliard USD) et de juillet (5 milliards USD, 3 sociétés, 5 émissions) avaient été un peu plus calmes sur ce plan, les chiffres ont grimpé en septembre. Quatre sociétés pour un total de 23 émissions et de 13,5 milliards de dollars sont tombées au rang de Fallen Angels. Le total est comparable aux données pour l'ensemble de l'année 2019.

« À nos yeux, il pourrait y avoir davantage de ventes forcées en raison du plus grand nombre de rétrogradations prévues, ce qui devrait donner lieu à des décotes plus importantes lorsque ces obligations entreront dans le segment du haut rendement » explique Paul Benson, Responsable de la gestion Efficient Beta obligataire chez Mellon, une société d’investissement de BNY Mellon Investment Management

Rétrogradations mensuelles observées d’avril à septembre 2020 (en milliards USD)

D'autres abaissements de note devraient selon nous intervenir prochainement. Au 30 septembre, notre analyse suggère qu'ils pourraient représenter 475 milliards USD. Sur ce total, 165 milliards USD sont déjà classés dans la catégorie du High Yield par une agence de notation, et une autre tranche de 199 milliards USD est sous surveillance négative par une agence de notation.

En plus de notre propre analyse, nous suivons également de près l'analyse sell-side. Nous avons récemment étudié cinq rapports sell-side afin de comprendre leur analyse indépendante et y avons trouvé quelques thèmes communs.

L'endettement continue de croître dans l'Investment Grade. À l'aube de 2020, nous étions préoccupés par les fondamentaux des entreprises et la croissance du segment BBB. La pandémie a exacerbé les problèmes de bilans et accéléré le rythme des dégradations. Cependant, le programme de relance de la Fed et son intention d'acheter des obligations d'entreprises ont déclenché une vague d'émissions, les entreprises cherchant à protéger leurs futures liquidités. Les émissions de titres BBB ont augmenté de 18% depuis le début de l'année, mais les fondamentaux et le trop-plein de notes BBB demeurent problématiques.

L'approche patiente adoptée par les agences de notation au troisième trimestre quant à l'impact du COVID-19. Étant donné la faiblesse des derniers rapports trimestriels sur les bénéfices, les agences de notation ont laissé entendre qu'elles avaient l'intention d'attendre un trimestre de plus avant de procéder à des abaissements de notation dans les secteurs cycliques, en particulier pour ce qui est des jeux d'argent, des loisirs, des REIT et des détaillants. Cette pandémie a frappé de nombreux secteurs cycliques, ce qui a amené maintes sociétés à se retrouver à la limite entre les notes BBB et BB.

À terme, l'impact de la pandémie, le trop-plein de notes BBB, les événements macroéconomiques et géopolitiques à venir et la dégradation des fondamentaux des entreprises laissent présager de nouveaux abaissements de notation pour la fin de l'année 2020 et en 2021.

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