Mario Draghi maintiendra « un niveau important de soutien monétaire »

le 08/09/2016

Le président de la Banque centrale européenne prévoit une hausse de l'inflation de 1,2% en 2017, l'évolution des prix devant rester "faible pendant les mois qui viennent" avant de se "redresser vers la fin 2016", a-t-il dit.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi © European Union – EP

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a indiqué, jeudi lors d'une conférence de presse, que "les risques pour le scénario de base de la BCE sont orientés à la baisse". L'institut d'émission maintiendra "un niveau important de soutien monétaire" et "surveillera l'évolution de l'économie et des marchés de très près", a-t-il ajouté. 

Un peu plus tôt, la BCE a annoncé maintenir ses taux directeurs inchangés, et ne pas modifié les modalités de son programme de rachats de titres (QE) censé expirer en mars 2017. 

Concernant la croissance du PIB réel, la BCE continue d'anticiper une évolution "modérée et régulière", a poursuivi Mario Draghi. L'institution a relevé sa prévision de croissance pour 2016 à 1,7%, contre 1,6% en juin dernier, mais abaissé sa prévision pour 2017 et 2018 à 1,6%, contre 1,7% en juin dernier. 

Au chapitre de l'inflation, la BCE maintient une prévision de hausse de 0,2% en 2016 et table désomais sur 1,2% seulement en 2017. "L'inflation devrait rester faible pendant les mois qui viennent", a précisé Mario Draghi, avant de se redresser vers la fin 2016. Hors prix de l'énergie et de certaines dentées alimentaires, la BCE admet que "les tensions inflationnistes sous-jacentes ne montrent pas de tendance haussière convaincante".

Selon les prévisions de BNP Paribas, le rythme de l'inflation sous-jacente devrait ralentir à 0,6% au premier trimestre 2017, contre une moyenne de 0,9% depuis le début 2016.

Malgré ce tableau incertain, Mario Draghi a indiqué que le Conseil de politique monétaire "n'a pas débattu d'une extension de son QE" et qu'il "n'a pas discuté de rachats d'actions ni de la monnaie hélicoptère". Toutefois, il a précisé que "le Conseil des gouverneurs a chargé les comités concernés d'évaluer les options permettant d'assurer le bon déroulement du programme d'achats."

"Les chiffres d'activité de production ou de consommation ne font pas encore état de conséquences négatives du Brexit, mais les doutes subsistent. Le moral des industriels a piqué du nez en Allemagne et le référendum en Italie va bientôt occuper le devant de la scène, avec un sauvetage de Monte Paaschi qui n'est pas encore reglé. Il donc trop tôt pour retirer le soutien à la reprise", estime Mourtaza Asad-Syed, Directeur des Investissements de Yomoni, pour le site Agefi.fr (Communautés)

 Selon le directeur des investissements de Yomoni, "à être trop optimiste, Mario Draghi risque de renforcer l'euro, ce qui n'est pas son but. Premièrement, la politique de change n'est pas un levier que les banquiers centraux aiment utiliser, car il est assez aléatoire et il dépasse aussi clairement le mandat de la BCE; deuxièmement, la hausse de l'euro pénaliserait principalement les pays à la traîne comme l'Italie et d'une certaine mesure, la France", dit-il. 

Le taux de refinancement a été maintenu jeudi à 0,0%, le taux de facilité de dépôt à -0,40% et le taux de prêt marginal à 0,25%, niveaux auxquels ils avaient été ramenés le 10 mars 2016. Quant au (QE) par lequel la BCE rachète 80 milliards d'euros de titres par mois, l'institut de Francfort compte le poursuivre jusqu'en mars 2017, voire au-delà si nécessaire, jusqu'à ce qu'il constate un ajustement durable de la trajectoire d'inflation cohérent avec son objectif.

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