Le venture et la mezzanine ont le vent en poupe

le 18/01/2008

Alors que le métier du LBO s'interroge, l'activité de levées de fonds se structure autour des métiers jugés annexes avant la crise

Le marché est impatient de voir Goldman Sachs lever son méga-fonds de dette mezzanine. Car estimé entre 18 et 20 milliards de dollars (12,5-13,5 milliards d’euros), GS Mezzanine Partners V promet d’être l’un des véhicules les plus importants du private equity dans son ensemble. Sa stratégie d’investissement est pour l’instant peu connue si ce n’est qu’il aura vraisemblablement une vocation mondiale.

Les investisseurs type hedge funds et fonds CDO/CLO ayant déserté le marché, la mezzanine est sans aucun doute l’un des deux thèmes majeurs depuis la fin de l’année. Les annonces, pré-annonces (Park Square Capital…) et rumeurs (Lehman Brothers…) de lancement de véhicules de ce type se multiplient. Pour la France, citons par exemple Argos Soditic, qui se lance dans cette activité à travers Argos Expansion, ou Oseo et CDC avec Avenir Entreprise Mezzanine. A noter que les professionnels français semblent très attirés par le sous-segment de la mezzanine sponsorless, c'est-à-dire une opération d’accompagnement du management, sans recours à un fonds de LBO qui investirait en capital.

Il est toujours amusant d’observer qu’en cas de crise, les investisseurs paraissent redécouvrir comme par magie les vertus de ce qui avait été auparavant délaissé dans une démarche moutonnière un peu hâtive. Tout comme la mezzanine, le capital-risque (venture) attire de nouveau… en Europe ! Car en dehors du dynamisme américain jamais démenti, le début de l’année a vu plusieurs sociétés de gestion emblématiques lever des véhicules de taille tout à fait respectable. La dernière clôture en date – en attendant l’annonce de la levée de Sofinnova Capital VI, avec un objectif d’environ 400 millions – est l’allemand Wellington Partners, qui a levé 265 millions d’euros (15 de plus que l’objectif) en six mois. Belle performance, sachant qu’il faut en moyenne plutôt un an. Avec des ambitions renouvelées, comme l’atteste l’ouverture concomitante d’un bureau à Londres.

Plus atypique est le cas d'Energy Ventures. Tout en faisant appel à des investisseurs institutionnels du Vieux Continent, le norvégien a également attiré des soutiens à Singapour (dont le fonds souverain Temasek) sur un thème très précis : les technologies parapétrolières. Signe que le marché européen du venture atteint une réelle profondeur.

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