Le plan de BMW pour redresser ses marges laisse les marchés perplexes

le 07/02/2008

Le constructeur allemand a présenté un programme de réduction de coûts de six milliards d’euros, il vise une marge de 8 à 10% d’ici à 2012

Croissance des ventes et rentabilité étaient déjà le credo des dirigeants de BMW en réponse aux craintes de certains investisseurs que le groupe ne prenne pas de mesures suffisantes pour enrayer la baisse chronique de ses marges. Il n'est pas certain qu’ils aient été convaincus après que BMW eut présenté un programme de réduction des coûts de six milliards d'euros d'ici 2012. Les deux tiers proviendront des économies réalisées sur les achats de matières premières. BMW y consacre actuellement 25 milliards d'euros par an et veut donc baisser ce total de 750 millions d'euros par an d'ici d'ici à 2012.

Exposant plus en détail le plan stratégique présenté le 27 septembre dernier, Norbert Reithofer, président du directoire, a ajouté que la baisse des coûts du personnel, à travers notamment la suppression de milliers d'emplois, contribuerait également au programme d'économies, à hauteur de 500 millions d'euros à partir de 2009. BMW, qui emploie actuellement quelque 108.000 personnes, a précisé avoir conclu un accord avec les syndicats prévoyant un recours accru au travail temporaire, un renforcement du dispositif permettant des départs en retraite anticipée et le non-remplacement de postes laissés vacants.

A la Bourse de Francfort, le titre BMW chutait de 3,35 % alors que le DAX était en hausse (1,35 %) en fin de séance. « L'impression dominante du marché que les objectifs de BMW sont trop loin dans l'avenir », a estimé un analyste chez Sanford Bernstein.

Le groupe allemand a une nouvelle fois affiché un objectif de marge opérationnelle de sa branche automobile compris entre 8 % et 10 % d'ici 2012 - contre 6 % actuellement. Dans le cadre d'une stratégie visant à lisser les effets de change, le constructeur veut augmenter sa production aux Etats-Unis qui a représenté un quart de ses ventes en 2007.

Le directeur financier, Michael Ganal, a assuré que BMW  « progressait » dans ses discussions avec d'autres constructeurs en vue d'arriver à un partage des composants ou des moteurs destiné à réaliser des économies de coûts et d'échelle.

BMW a déjà noué un partenariat avec PSA Peugeot Citroën dans les petits moteurs et a engagé des pourparlers avec Mercedes (groupe Daimler). Le constructeur veut réduire la part de son chiffre d'affaires consacrée à la recherche & développement pour la ramener entre 5 et 5,5 % au cours des prochaines années, contre 6,1 % en moyenne sur les cinq derniers exercices.

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