Les marchés actions perdent leur sang-froid

le 22/01/2008

Au sein d'un secteur bancaire européen en baisse de 6,84 %, les groupes français ont fait l’objet d’une désaffection liée aux retombées attendues de la crise des crédits hypothécaires sur les comptes des principaux établissements lors de la publication de leurs résultats pour 2007. Comme on le précise chez VP Finance, « la violence de la baisse en Europe et plus particulièrement à Paris s'explique vraisemblablement par des rapatriements de capitaux américains. Confrontés à une situation de credit crunch, les Américains prennent leurs profits alors que l'euro est encore proche de ses plus hauts historiques et que les Bourses européennes ont surperformé Wall Street au cours des dernières années ». « Ce mouvement de baisse devrait être d'autant plus fort qu'un mouvement de "fuite vers la qualité" en direction des taux est amorcé », souligne Oddo Securities. La fuite vers la qualité s’est traduite hier par une nette détente des rendements obligataires au sein de la zone euro. De fait, les taux des titres d’Etat allemands à 2 et 10 ans ont perdu respectivement 13 et 7 points de base (pb) à 3,35 % et 3,9 %. Si le marché monétaire a continué de fonctionner normalement, les valeurs financières et subordonnées ont vu leur indice de crédit iTraxx bondir respectivement de 14 et 23 pb à 78 et 123, des niveaux records. 

Les marchés ne devraient pas dans l’immédiat être rassurés par les propos de Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, selon lequel « tous les pays du monde souffrent du ralentissement américain ». L’éclaircie pourrait provenir des niveaux de valorisation qui ont atteint un plus bas de plus de 5 ans pour le Stoxx 600 et de 10 ans pour l’indice MSCI World. Mais comme on le souligne chez Cholet Dupont, le retour de la confiance ne pourra venir que lorsque les investisseurs auront atteint le « point de capitulation » qui dépendra également de l’attitude des banques centrales.

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