Le marché de crédit met sous pression certaines financières européennes

le 18/03/2008

L'écartement des CDS qui a touché les signatures les plus en risque, comme UBS et HSBC, ne s'est toutefois pas étendu à l'ensemble du marché

Le rachat de Bear Stearns par JPMorgan a provoqué des réactions contrastées sur le marché du crédit européen. Le Crossover (signatures à haut risque), a gagné 10 pb à 628, alors que l’iTraxx Europe Investment Grade n'a crû que de 3 pb à 158. Côté financières, alors que l’iTraxx Financial Senior est resté stable à 158 pb et que l’iTraxx Subordinated Financial n’a pris que 4 pb à 280 pb, le marché a fait le tri, mettant certaines signatures européennes sous pression. Les CDS de Dresdner - qui pourrait être vendue par Allianz - sont restés stables à 155 pb alors que la banque suisse UBS, plus vulnérable au risque de contrepartie et qui serait, selon les rumeurs, en train de préparer une augmentation de capital et une vague de licenciements, a vu ses CDS prendre 25 pb à 235 pb. Ceux de HSBC ont bondi de 20 pb.

Si le mouvement de creusement des marges s’est poursuivi, les investisseurs ont préféré rester à l’écart du marché, limitant ainsi le vent de panique. « Les écartements de spreads se font dans de très faibles volumes, souligne Yaël Muscat, responsable de la gestion crédit chez Groupama AM. Dans le contexte actuel, les émetteurs corporate, qui n’ont pas de besoins immédiats de refinancement risquent d’être longtemps absents du marché primaire. Quant aux financières, qui sont dans l’obligation de se refinancer, elles le feront à des prix onéreux ».

D’autant plus que les émetteurs subissent de plein fouet les conditions de marché actuelles. Kraft a vu ses CDS à 5 ans bondir de 50 pb à 160 pb depuis son émission la semaine dernière de 2,85 milliards d’euros. HSBC a placé 1 milliard d’euros le 12 mars à 205 pb au-dessus des taux « mid-swap », soit 5 fois de plus que le spread de sa précédente dette similaire émise il y a 9 mois. La Deutsche Bank a levé 1,25 milliard de dettes à taux flottant à 3 ans avec une marge de 60 pb par rapport à l’euribor 3 mois, contre 20 pb pour sa dernière émission de même échéance en octobre dernier.

Par ailleurs, Yaël Muscat ajoute qu'« afin d’éviter de payer des spreads élevés sur des durées longues, les émetteurs raccourcissent les maturités de leurs émissions, passant de 7-10 ans à 3-5 ans. En outre, ils sont de plus en plus à opter pour la confidentialité de leurs placements, à l’instar de McDonald qui a placé la semaine dernière de manière totalement inaperçue 500 millions d’euros à 8 ans ». 

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