Latécoère compte sur deux exercices de transition pour tripler de taille

le 18/03/2008

L'équipementier aéronautique vise une marge d’Ebit de 8 % à l’horizon 2010

Choisi en décembre par Airbus comme partenaire préférentiel pour la reprise des sites de Méaulte et Saint-Nazaire Ville, la direction de Latécoère a précisé, lors de la présentation de ses résultats annuels, les étapes du projet et sa vision du groupe à l’horizon 2010. Le contrat de cession et les engagements des investisseurs réservés sont prévus lors du deuxième trimestre 2008. Ensuite, une assemblée générale extraordinaire sera convoquée pour décider de l’augmentation de capital nécessaire au financement de cette opération qui est toujours prévue aux alentours de 300 millions d’euros.

Le closing et l’augmentation de capital sont prévus cet été. Une fois cette opération finalisée, une filiale commune détenue à 60 % par Latécoère et à 40 % par Airbus sera créée avec un mandat de gestion confié à l'équipementier aéronautique. L’objectif pour le groupe est de monter à 100 % de la nouvelle entité à l’horizon 2011. Une nouveauté s'est dessinée dans ce schéma déjà esquissé auparavant : le groupe compte désormais créer un parc aéronautique en Afrique du Nord de production de sous-ensemble. «Nous voulons faire dans un pays low-cost ce qui est simple, et garder en interne ce qui est compliqué», résume François Bertrand, le président du directoire, qui hésite pour l’instant entre le Maroc et la Tunisie pour créer cette filiale. Latécoère souhaite convaincre une demi-douzaine de ses sous-traitants de le suivre sur ce parc aéronautique off shore où il compte investir entre 50 et 100 millions d’euros d’ici sa mise en place prévue dans trois ans. Ces derniers réaliseront localement des pièces élémentaires de petites et moyennes dimensions. Cette réorganisation doit permettre à Latécoère de faire face à une croissance d’activité de 40 % sur les trois prochaines années. Le nouvel ensemble ainsi constitué doit atteindre 1,5 milliard d’euros à l’horizon 2010 couplé à une marge d’Ebit de 8 %. Ceci implique donc un triplement de taille par rapport à 2007 où le groupe a atteint un chiffre d’affaires de 489,3 millions d’euros (+13,1 %) et une marge opérationnelle qui est déjà restée stable à 8 %. «Avec les acquisitions et la réorganisation, 2008 et 2009 vont être des années de transition», a toutefois indiqué François Bertrand qui vise une croissance de 10 % à périmètre constant de son activité cette année sans s’engager sur un niveau de résultat.

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