L’Inde fait vœu d’ouverture internationale pour préserver sa croissance

le 29/02/2008

Un rapport du ministère des Finances plaide pour des mesures accueillantes dans l’assurance ou la distribution et pour des privatisations partielles

A la veille de la présentation du budget annuel du gouvernement pour l’exercice fiscal débutant le 1er avril prochain, un rapport émanant du ministère des Finances indien a plaidé hier pour une accélération des réformes. Ces dernières, susceptibles de soutenir fermement la croissance économique du pays au cours des prochaines années, passent notamment par un meilleur accueil réservé aux investisseurs étrangers.

Aux yeux du ministre des Finances Palaniappan Chidambaram, «amener la croissance économique à un taux à deux chiffres nécessite des réformes additionnelles». La croissance pourrait en effet cette année marquer le pas sous le coup d’une évolution hésitante de la demande intérieure et des exportations. Néanmoins, elle devrait, selon l’estimation officielle, atteindre 8,7% pour l’exercice fiscal en cours, alors que le gouvernement affiche son ambition d’une croissance de 10% en 2012. Le maintien d’un rythme de croissance élevé pourrait permettre de doubler le revenu par habitant du pays à l’horizon d’une décennie, selon le rapport transmis hier par le ministre au Parlement.

Pour une économiste de DBS Bank, pas de doute, «le risque d’affaiblissement de la croissance rend les réformes indispensables». Le ministre, mettant en avant un sentiment d’"optimisme prudent», a affirmé hier que sa priorité serait de «mettre en œuvre un climat attrayant pour l’investissement tout en favorisant une croissance non inflationniste».Les observateurs s’attendent à la présentation de propositions d’allègements fiscaux, relevant notamment de l’impôt sur les résultats des entreprises. Pour autant, le rapport publié hier fournit d’ores et déjà nombre de pistes susceptibles de renforcer les bases de la vitalité économique du pays. Il s’agit notamment d’ouvrir les secteurs de la distribution ou des mines. Les économistes du ministère des Finances ont également avancé l’idée d'un relèvement de 26% à 49% de la limite des participations étrangères au capital des assureurs. Ils proposent également que l’ensemble des entreprises publiques s’ouvrent au monde en cédant une part d’au moins 10% de leur capital sur le marché boursier. Sans évoquer de mesures précises correspondantes, le ministre a martelé l’impérieuse nécessité de mettre à jour un réseau national d’infrastructures vieillissantes. Une situation qui coûterait à ses yeux pas moins de deux points de croissance au pays.

A lire aussi