L'immobilier américain en chute libre

le 27/02/2008

Selon la société de statistiques RealtyTrac qui couvre le marché des habitations aux Etats-Unis, les saisies de maisons ont crû de 90 % à 45.327 le mois dernier par rapport à janvier 2006, même si le chiffre est stable par rapport à décembre. De plus, les notifications de défaut et de mises aux enchères ont crû de 57 %, le niveau le plus élevé depuis août dernier. Par ailleurs, l’indice publié par l’Ofheo, la tutelle fédérale de Fannie Mae et Freddie Mac, qui mesure, sur une base trimestrielle, l’évolution de la valeur des propriétés individuelles, a baissé de 1,3 % au quatrième trimestre 2007 par rapport au troisième trimestre. 

Pour ING, la chute de la valeur des maisons aux Etats-Unis au travers des effets de richesses affaiblit au bout du compte les dépenses à la consommation. La banque estime que la Fed ne peut simplement pas se permettre de ralentir drastiquement le rythme de son assouplissement monétaire. Selon les économistes de Lehman Brothers, "le déclin immobilier a été déclenché par des zones de bulle où les habitations sont largement surévaluées et les stocks sont incroyablement élevés». Selon les experts de la banque américaine, l’effondrement des prix des habitations observés en Floride, au sud de la Californie, à Washington et à Boston a tiré vers le bas les chiffres nationaux. Et pour preuve. Figurent parmi les pires performances du mois de janvier les villes de San Francisco (-3,20 %) Los Angeles (-3,08%), Miami (-2,64 %) et Washington DC (-2,54 % ). Il faut désormais 10,3 mois pour liquider les stocks d'invendus contre une moyenne depuis 2000 de 5,3 mois.

Début février, l’Ofheo avait fait le constat que des défaillances survenaient dans le secteur des crédits à risque à un rythme jamais observé depuis la récession de 2001 et s’étaient étendues bien au-delà des crédits risqués, à des domaines censés être plus sécurisés. Et selon Citigroup, près de 460 milliards de dollars de crédits hypothécaires à taux ajustables sont censés voir leur taux réajusté cette année. Le pire reste peut-être à venir.

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