L'enquête sur les évasions fiscales vers le Liechtenstein s'étend à une dizaine de pays

le 27/02/2008

Les enquêteurs allemands auraient une seconde banque dans le collimateur. En France, la DGI s'intéresse à une centaine de cas

L’affaire d'évasion fiscale vers le Liechtenstein qui a éclaté mi-février en Allemagne fait tache d’huile, et une dizaine de pays s’intéressent à ce petit Etat alpin. Hier en France, la Direction générale des impôts déclarait examiner une liste comportant des centaines de noms d'auteurs potentiels de fraudes vers le Liechtenstein. " Si les contrôles doivent être lancés, ces contrôles iront jusqu'au bout, bien sûr ", a indiqué le ministre du Budget, Eric Woerth, précisant que la liste avait été donnée par les autorités britanniques dans le cadre des échanges d'informations entre services fiscaux.

Les procureurs allemands qui enquêtent sur une vaste affaire d'évasion fiscale ont annoncé regarder de près une seconde banque au Liechtenstein. Selon Reuters, la banque LGT, détenue à 100 % par la famille du prince, a été le premier établissement bancaire à faire l'objet d'une enquête du parquet de Bochum.

LGT a reconnu un vol de données clientèle secrètes mais n'a pas confirmé qu'il était à l'origine de l'enquête allemande. Un journal allemand Süddeutsche Zeitug affirme, quant à lui, que la filiale de la banque Vontobel, Vontobel Treuhand AG, installée à Vaduz, serait la seconde banque de la principauté visée par les procureurs allemands. Dans un communiqué la banque indique ne pas avoir été contactée par les autorités allemandes.

Des demandes en provenance de Finlande, de Suède et de Norvège seraient déjà parvenues à Berlin. Aux Pays-Bas, le ministre des Finances a exhorté lundi les citoyens qui ont tenté de frauder le fisc en plaçant leur argent sur des comptes au Liechtenstein à se dénoncer, faute de quoi ils seraient confrontés à de lourdes amendes. Le fisc britannique enquêterait lui aussi sur une centaine de ressortissants possédant des comptes dans la principauté. Le Fisc aux Etats-Unis indique avoir ouvert une information sur plus de cent personnes. Comme pour résumer ce feu nourri contre ce petit Etat alpin, le ministre des Finances allemand, Peer Steinbrück a déclaré : " S'il ne coopère pas pour changer les conditions qui invitent à la fraude fiscale ", il faut envisager " la possibilité de compliquer nettement les mouvements d'affaires avec le Liechtenstein. "

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