L'économie allemande confirme son ralentissement

le 27/02/2008

Alors que la consommation des ménages s'est contractée de 0,8 % au quatrième trimestre, les économistes jugent trompeuse l'embellie de l'indice IFO

L’Allemagne ne voit plus la vie en rose. Pour la première fois depuis trois trimestres, les dépenses des consommateurs allemands se sont orientées à la baisse en décembre. Les dépenses des ménages se sont contractées de 0,8 % au quatrième trimestre, contre une hausse de 0,3 % au cours du trimestre précédent. Confirmant les attentes du marché, la croissance de l’économie allemande, en données corrigées des variations saisonnières, s’est ralentie en passant de 0,7 % au troisième trimestre à 0,3 % sur les trois derniers mois de l’année. Sur l’ensemble de l’année 2007, le PIB de l’Allemagne a crû de 1,6 %, rapporte l’Office fédéral des statistiques, IFO, qui attendait initialement 1,8 %.

L’inflation et le ralentissement de l’économie américaine sont les principales raisons de cette tendance. Andreas Scheuerle, économiste chez Dekabank, explique que « l’inflation a érodé dans une grande mesure le revenu des ménages », et il s’attend à un premier semestre 2008 encore « très difficile » à cause du « ralentissement mondial » et de « la consommation des ménages ». Par ailleurs, les Etats-Unis où l’Etat fédéral exporte fortement, notamment ses voitures, n’a pas pu servir de substitut, en raison de son propre ralentissement économique et de la hausse de 12 % de l’euro par rapport au dollar. De fait, les exportations n'ont progressé que de 1,3 % au dernier trimestre, contre 2,5 % au troisième trimestre.

Bien que certains préfèrent rester optimistes, comme Matthias Rubisch, économiste chez Commerzbank, qui espère « une croissance un peu plus forte ce trimestre », les conditions ne semblent pas près de s’améliorer. « Au cours des mois à venir, il faut s'attendre à de nouvelles fortes hausses des prix à la consommation », expliquait en fin d’année la Bundesbank, ajoutant qu'une « normalisation » de cette tendance était improbable avant le printemps 2008. Et même si l'indice IFO mesurant la confiance des entrepreneurs allemands a fait ressortir contre toute attente une deuxième hausse mensuelle consécutive en février, les anticipations à six mois restent orientées à la baisse. Un certain nombre d'économistes estimaient donc hier que cette embellie en trompe-l'œil ne suffira pas à justifier un statu quo de la BCE.

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