Le groupe immobilier Colonial peine à trouver un repreneur

le 05/03/2008

Les négociations infructueuses avec ICD font ressortir les difficultés stratégiques et financières actuelles du groupe espagnol

Le fonds souverain de Dubaï ICD (Investment Corporation of Dubai) a annoncé mardi avoir retiré l'offre de 3 milliards d'euros faite voici une semaine sur le groupe Colonial en difficulté. L'ancien président Luis Portillo et la famille Nozaleda, qui à eux deux détiennent 52% de son capital, étaient en effet entrés en négociations début février avec ICD pour lui céder leurs parts. Cette offre aurait été suivie d'une OPA sur sa filiale française Foncière Lyonnaise.

ICD a expliqué que les actionnaires de Colonial et lui-même «n'étaient pas parvenus à un accord dans le délai convenu» qui s’achevait lundi. «En conséquence, (...) l'offre formulée par ICD a expiré», a ajouté le fonds dans le document transmis à l'autorité espagnole des marchés financiers (CNMV). Cette proposition supposait l’émission d’obligations à zéro coupon pour au moins 50% du prix total, équivalent à 2,25 euros par titre, le reste étant payé en numéraire à 1,85 euro par action. ICD réclamait un rabais ou des conditions améliorées concernant le prêt syndiqué de 4,66 milliards d'euros contracté par Colonial auprès d’un pool bancaire constitué de RBS, Eurohypo, Calyon et Goldman Sachs.

Outre l’impasse stratégique dans laquelle se retrouve plongé Colonial après l’échec successif de négociations avec plusieurs prétendants (Gecina, GE Real Estate Iberia), la dégradation du marché du logement en Espagne n’est pas de nature à améliorer sa santé financière. Si la valeur de son patrimoine immobilier a augmenté l’année dernière de 26% à 11,6 milliards d’euros à la suite de l’acquisition de Riofisa, sa dette de 8,75 milliards a contribué au triplement de sa charge financière de 479 millions en 2007 pour un résultat net de 85,4 millions. Son actif net par action (2,35 euros à fin décembre) a d’autre part perdu 9% en un an.

Les discussions ne sont toutefois pas définitivement interrompues «car les créanciers veulent éviter une mise sous administration judiciaire de Colonial, qui apparaît comme la seule issue si les négociations en vue d'une offre échouent», a indiqué une source bancaire à Reuters, les prêteurs se trouvant exposés à un risque de dépréciations d’actifs. Sollicités par la CNMV, les deux principaux actionnaires ont confirmé la poursuite des contacts avec ICD. Le titre Colonial, qui avait déjà perdu 60% de sa valeur depuis la mi-décembre, a cédé 6% hier avant d’être suspendu à 1,16 euro.

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