Le Gouvernement italien approuve l'accord de rachat d'Alitalia par Air France

le 18/03/2008

L'opération est bien accueillie par les analystes. Politiques et syndicats semblent d'accord pour admettre qu'il n'y a pas d'alternative

Le gouvernement italien a approuvé hier soir l'accord de rachat d'Alitalia par sa concurrente Air France-KLM, mais les syndicats de la compagnie aérienne nationale italienne ont vivement attaqué les modalités de cette reprise.

L'opération prévoit la parité d'une action Air France-KLM pour 160 actions Alitalia, valorisant la compagnie détenue à 49,9% par l'Etat italien à 10 centimes d'euros par titre, soit 138 millions d'euros, ce qui représente un rabais de 81% par rapport au cours de clôture vendredi. Le titre Alitalia a plongé de 26,76% à 0,3911 euro lundi alors que celui de la compagnie franco-néerlandaise reculait de 4,4% à 15,28 euros.

Des membres de la classe politique italienne se sont insurgés contre cet accord, un projet sur lequel la Commission européenne estime devoir être consultée. A la veille des élections législatives italiennes des 13 et 14 avril, le rapprochement devra obtenir la bénédiction du prochain gouvernement italien et des syndicats d'Alitalia, qui compte 19.000 salariés.

« Pour Alitalia, la seule alternative à la faillite c'est Air France-KLM », souligne Alessandro Frigerio, gérant chez RMJ à Milan, à propos de cet accord qui marquerait la fin de 60 ans d'indépendance de la compagnie italienne.

Toutefois, pour certains syndicats, il s'agit plutôt d'une « capitulation sans condition », selon les termes employés par Fabrizio Solari de la CGIL. L'Union européenne a indiqué de son côté que rien ne pourrait réellement se faire sans son aval. « Dans un tel cas de figure, je ne peux que dire que les autorités italiennes seraient avisées de collaborer avec les services de la Commission (...) », a déclaré à la presse Michele Cercone, porte-parole de la Commission.

Alfiero Grandi, sous-secrétaire italien à l'Economie, a souligné que l'offre d'Air France-KLM était perfectible, mais qu'il n'y avait pas d'autre option sur la table. Les syndicats doivent rencontrer la direction d'Alitalia mardi et le président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, qui est arrivé à Rome lundi soir, devrait assister à ces discussions.

Le ministre italien de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, en charge des privatisations, a déclaré aux membres du gouvernement qu'il informerait Alitalia de la décision de vendre la participation dans la compagnie du Trésor quand l'offre publique sera lancée, précise un communiqué du gouvernement. Cette phase ne serait cependant pas obligatoire si d'autres groupes faisaient une meilleure offre.

A lire aussi