Le gestionnaire BlackRock se joue des turbulences de marché

le 18/01/2008

Encore détenu à 49 % par Merrill Lynch, le groupe dégage d'excellents résultats grâce aux performances de ses hedge funds

Tout le monde ne vit pas la crise de la même manière. Pendant que Merrill Lynch passe des provisions records (lire ci-dessus), BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs coté aux Etats-Unis, annonce une hausse de 90 % de son résultat net au quatrième trimestre, dépassant toutes les prévisions des analystes. Ironie de l’histoire, la banque américaine détient 49 % de BlackRock depuis qu’elle lui a vendu en 2006 ses activités de gestion d’actifs pour 9,5 milliards de dollars.

Le groupe a certes bénéficié de l’intégration, à partir du 1er octobre, des activités de fonds de fonds de Quellos, rachetées l’an dernier pour 1,7 milliard. Il reste que les excellents résultats de BlackRock traduisent une politique d’acquisition et de diversification qui a fait d’un spécialiste de l’obligataire une maison désormais positionnée sur toutes les classes d’actifs. A la tête de 1.360 milliards de dollars d’actifs, BlackRock est investi à 35 % en actions, 37 % en obligataire, 23 % en produits monétaires et 5 % en gestion alternative.

Ce sont les paris gagnants du groupe en matière de hegde funds qui lui ont notamment permis d’engranger 153 millions de commissions de surperformance au quatrième trimestre, contre 40 millions à la même période de 2006. Le fonds alternatif Obisidian, investi dans l’obligataire, a ainsi dégagé un rendement de 29,6 % en 2007. Les paris pris sur les matières premières et l’énergie ont également contribué à gonfler les commissions de surperformances. Et même si la crise a par ailleurs forcé BlackRock à soutenir deux de ses fonds au dernier trimestre, le gestionnaire d’actifs a enregistré sur la période une collecte nette de 30,7 milliards de dollars, dont 22,2 milliards dans le compartiment monétaire.

Dans l’univers de la gestion, les performances passées ne préjugent pas de celles à venir. Mais ces résultats expliquent la confiance affichée hier par Laurence Fink, fondateur et PDG de BlackRock, que la rumeur avait un temps donné comme patron potentiel pour Merrill Lynch après l’éviction de Stan O’Neal en novembre. « Dans le monde entier, les gens se détournent du risque, indique-t-il. Dans la mesure où nous sommes bien positionnés en termes de gestion des risques, je pense que nous allons bénéficier en 2008 des turbulences de marché ».

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