La Fed n’a pas rassuré les marchés

le 31/01/2008

Or, comme l’a reconnu le FOMC dans le communiqué accompagnant sa décision, «les marchés financiers demeurent soumis à des tensions considérables et le crédit s’est tendu davantage pour les ménages et certaines entreprises». En outre, «des risques à la baisse continuent de peser sur la croissance.» Pour s’en convaincre, il suffisait d’examiner les chiffres publiés le matin même par le ministre du Commerce: la croissance du PIB américain a été 0,6% au quatrième trimestre en rythme annuel, la moitié de ce qu’avaient anticipé les économistes de Wall Street. Sur l’ensemble de l’année 2007, la croissance a été de 2,2%, la plus modeste depuis 5 ans (lire page2). Les économistes de Morgan Stanley, Merrill Lynch, Citigroup ou encore Goldman Sachs s’accordent désormais à pronostiquer une récession.

De leur point de vue, comme de celui des investisseurs, la Réserve Fédérale a désormais fait tout ce qui était en son pouvoir pour écarter cette menace. La baisse des taux directeurs décidée hier par le FOMC s’ajoute à la réduction surprise de 75 points de base le 22 janvier. En huit jours, l’objectif sur les fonds fédéraux a été ramené de 4,25 à 3%, une détente monétaire aux proportions considérables.

La balle est désormais dans le camp du Congrès, où se poursuit l’examen du plan de relance de près de 150 milliards de dollars élaboré à la fin de la semaine dernière par l’administration Bush et la Chambre des Représentants. Celle-ci a adopté mardi ce plan à une large majorité. Il reste à obtenir le feu vert du Sénat, ce qui ne sera peut-être pas aussi simple. La commission des Finances y a élaboré son propre plan de relance, aux modalités différentes. Les sénateurs sont notamment partisans de moindres réductions d’impôts mais de la distribution de chèque de 500 dollars aux Américains de plus de 62 ans non imposables ou encore au prolongement de 26 à 39 semaines du versement des indemnités chômage. Pour le président Bush, ouvrir un débat parlementaire pour le contenu du plan entraîne le risque qu’il soit mis œuvre trop tard pour être efficace. «Je ne veux écarter les idées de personne,» explique-t-il ce matin dans un entretien accordé au Wall Street Journal. «J’essaie simplement de faire quelque chose plus vite.»

A Wall Street, l’urgence est particulièrement perceptible. Les 234 valeurs entrant dans la composition du S&P 500 qui ont publié leurs comptes pour le quatrième trimestre affichent en moyenne une baisse de leur résultat de 34%. Les précédents historiques apportent toutefois un encouragement aux investisseurs: dans les six mois suivant une détente monétaire de cette ampleur, la progression du S&P 500 a été en moyenne de 3%.

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