East Capital dédramatise les craintes sur l'Europe de l'Est

le 07/02/2008

Les actifs de la société de gestion sont passés de 3,8 à 5,7 milliards d'euros en un an

Si les marchés actions dans les pays émergents ont été plébiscités sur une bonne partie de l’année 2007, ils n’ont pour autant pas été épargnés par les craintes d’une entrée en récession de l’économie américaine, entraînant avec elle le reste du monde, et par la remise en cause de l’idée du découplage entre Etats-Unis et Europe. En ce qui concerne l’Europe de l’Est, la thèse du découplage entre Etats-Unis et pays émergents n’a pas été confirmée. Pire encore. Si le CAC40 et le S&P 500 ont reculé de 14,2 % et 8,4 % depuis le 1er janvier, les Bourses en Turquie, en Croatie, en Russie, ou en Hongrie ont enregistré un déclin respectif de 22 %, 18 %, 15 % et 12 %.

Cette situation n’inquiète pas la société de gestion East Capital, dont les fonds dédiés au marché russe et à l’Europe de l’Est ont chuté depuis le début 2008 de 10,5 % et 15 % au premier février. Et en dépit de la crise des subprimes et du vent de panique qui a touché les marchés actions mondiaux, le groupe reste serein et ne semble pas avoir souffert de la perte de confiance des investisseurs. « Nous avons eu des décollectes de la part d’investisseurs mais aussi des entrées dans nos fonds, a précisé hier Karine Hirn, directeur général d’East Capital. Ces mouvements de flux se sont faits dans le calme, sans vent de panique. »

Pour Jean-Marie Laporte, directeur du bureau de Paris, « les marchés de l’Europe émergente résisteront à la crise du subprime ». Le responsable estime que « les banques dans la zone ont généralement des activités traditionnelles non liées à des pratiques de crédit sophistiqués à l’origine de la crise des crédits à risque ». Il a ajouté que le moteur de croissance dans la zone reposait toujours sur la dynamique de demande interne via la consommation et l’investissement et qu’elle était moins exposée aux Etats-Unis pour les exportations (près de 3 %). Surtout, la situation macroéconomique reste stable pour les grandes économies telles que la Russie et la Pologne, du fait des réserves de changes et de comptes courants excédentaires.

Le groupe qui a vu le montant des actifs sous gestion bondir de 3,8 à 5,7 milliards d’euros de 2006 à 2007, s’attend à un ralentissement économique modéré en 2008 mais à une croissance toujours soutenue par rapport à la zone euro. « Il sera difficile pour certains marchés de réitérer leur performance exceptionnelle mais d’autres pourraient mieux se comporter (Russie). »  

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